Kinshasa: La multiplication des Stations-Service soulève des questions sur l’urbanisation et la sécurité

La présence de plus en plus importante des stations-service au sein des zones résidentielles de Kinshasa suscite des interrogations sur les conditions dans lesquelles ces infrastructures sont implantées. Un expert environnementaliste appelle les autorités à renforcer le contrôle du respect des normes liées à la sécurité, à l’environnement et à l’aménagement urbain.
La capitale congolaise connaît depuis plusieurs années une croissance rapide de ses activités commerciales et de ses infrastructures. Dans plusieurs quartiers, les stations-service se retrouvent désormais à proximité des habitations, des commerces et parfois d’autres installations accueillant quotidiennement un grand nombre de personnes.
Pour le professeur Malick Muamba, expert environnementaliste, le débat ne devrait pas se limiter au nombre de stations présentes dans la capitale. La véritable préoccupation concerne plutôt leur emplacement et les conditions dans lesquelles elles sont autorisées à fonctionner.
L’implantation d’une station-service dans une zone habitée nécessite en effet de tenir compte de plusieurs paramètres, notamment les risques liés aux hydrocarbures, les questions de sécurité, la protection de l’environnement et les règles d’urbanisme. Une mauvaise localisation peut exposer les populations environnantes à différents risques.
Cette situation interpelle donc les services publics chargés de l’environnement, des hydrocarbures, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Ces administrations sont appelées à s’assurer que les installations existantes et celles qui doivent être construites respectent les exigences prévues par la réglementation.
La question se pose également sur la capacité des autorités à maîtriser l’occupation de l’espace urbain. Kinshasa étant confrontée à une forte pression démographique, la planification des infrastructures devient de plus en plus nécessaire afin d’éviter que certaines activités potentiellement dangereuses ne soient installées sans tenir suffisamment compte de leur environnement immédiat.
Le respect des distances de sécurité, des conditions de stockage des produits pétroliers, des dispositifs de prévention des incendies et des normes environnementales constitue notamment un élément essentiel dans l’exploitation de ces installations.
Pour les observateurs, le développement du secteur des hydrocarbures dans la capitale ne devrait pas se faire au détriment de la sécurité des habitants. Il est donc important que les autorisations d’implantation soient précédées d’une évaluation sérieuse des risques et d’un contrôle rigoureux des normes applicables.
Le débat sur les stations-service renvoie ainsi à une problématique plus large : celle d’une meilleure organisation de la ville de Kinshasa. Face à l’extension rapide des quartiers et à la multiplication des activités économiques, les autorités doivent parvenir à concilier développement économique, protection de l’environnement et sécurité de la population.
Un contrôle plus régulier des installations déjà opérationnelles pourrait également permettre de vérifier leur conformité et d’identifier d’éventuels problèmes nécessitant des mesures correctives.
Corinne Ontande
