En rapport avec la marche du 8 juillet 2026, l’Udps – devenu parti au Pouvoir – se retrouve 24 ans après face à son premier « 16 février 1992 » !
Premièrement la stabilité de l’Institution Président de la République
Sans peut-être le savoir ni le vouloir, Félix Tshisekedi a donné un coup de pied dans la fourmilière, surprenant et décontenançant à la fois ses proches qui s’attendaient probablement à tout, sauf à le voir les recadrer au sujet de la Constitution. En effet, dans son 7ème discours depuis son accession à la magistrature suprême le 24 janvier 2019, il a rappelé la signification première de la loi fondamentale : « Elle organise notre vie commune, garantit l’équilibre de nos institutions, consacre les droits du peuple et protège la stabilité de la République ». La Constitution protège évidemment et premièrement la stabilité de l’institution Président de la République.
Depuis la levée de l’option de la revisitation forcée
Celle qui, aux termes de son article 69, liste ses prérogatives, à savoir :
1.Il est le Chef de l’Etat ;
2.Il représente la nation ;
3.Il est le symbole de l’unité nationale ;
4.Il veille au respect de la Constitution ;
5.Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des Institutions ainsi que la continuité de l’Etat, et
6.Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux.
Ce qui a pour conséquence logique la cessation immédiate, pour la Loi fondamentale, de toutes ces qualités dès l’instant où on la couvre de ridicule comme le fait depuis la levée de l’option de la revisitation forcée.
Attaques contre La Garde Républicaine et incendie des Ambassades !
Entendre aujourd’hui Augustin Kabuya, après avoir « commandé en chef » les « troupes » ayant déversé sur la Constitution des tonnes et des tonnes d’injures, dire de la marche du 8 juillet 2026 qu’elle est une distraction « parce que la Constitution sécurise le président de la République », forte est l’envie de lui demander de quelle Constitution il s’agit !
Est-ce celle sur laquelle Félix Tshisekedi a prêté serment lors de sa double investiture de 2019 et 2024 ? Ou plutôt celle que l’Udps fait tourner en dérision depuis l’option tantôt de la révision, tantôt du changement !
Au lieu de s’arrêter là, le président intérimaire et secrétaire général du parti présidentiel insinue le droit dont disposerait la Garde républicaine de tirer dans la foule au cas où elle venait à être attaquée.
« Comme ils ont tenté de faire porter la responsabilité sur le dos du gouvernement avec les morts inventées de toutes pièces le 12 juin, maintenant ils veulent aller provoquer la Garde républicaine. Ils veulent aller incendier des ambassades pour faire porter la responsabilité au régime», affirme-t-il.
Sous d’autres cieux, le simple fait de livrer de telles informations au public est de nature à mobiliser l’appareil sécuritaire et judiciaire pour être entendu.
De prime abord, on ne voit pas la raison pour laquelle les manifestants vont chercher à provoquer la Garde Républicaine.
Aux termes de l’article 3 de l’Ordonnance n° 13-063 portant organisation et fonctionnement de la garde républicaine, celle-ci a, en plus des missions dévolues aux FARDC, celles spécifiques d’assurer : »
la garde et la protection du président de la République et de sa famille ainsi que des hôtes de marque », « la sécurité des biens et des installations présidentiels » et « les escortes et les honneurs au niveau de la Présidence de la République ».
Si c’est en raison de la démission du chef de l’Etat réclamée, il est de notoriété publique que ça fait partie de la surenchère politique partout au monde.
Par après, on ne voit pas pour quelle raison les manifestants vont incendier les ambassades pendant qu’ils sont à la recherche du soutien de la communauté internationale à leur Cause !
Les mauvaises langues en viendraient à soupçonner la hiérarchie de l’Udps d’un coup fourré que ça tiendrait la route.
Pourtant, l’administration Tshisekedi de même que le staff Udps sont conscients des effets négatifs de tout dérapage sur les « acquis de la diplomatie agissante » du Pouvoir en place.
À l’heure où la tension politique rappelle l’agitation observée autrefois autour de la Marche des Chrétiens du 16 février 1992, l’Udps devrait se ressourcer auprès des sécurocrates ex-Mobutistes, ex-Kabilistes du Mzee et ex-Kabilistes du Raïs, aujourd’hui actifs dans l’USN.
Ils savent, eux, comment organiser l’encadrement des manifestants, et encore dans le respect strict de la Constitution à laquelle Félix Tshisekedi vient de restituer ses lettres de noblesse.
PROCHAINEMENT : Revisitation de la Constitution : l’essentiel n’est pas la victoire par forcing, mais la gouvernance institutionnelle sous pression ! »
Omer Nsongo die Lema
