« La justiciabilité des lois de révision constitutionnelle en droit congolais » de Lemere Kiyombo porté sur les fonts baptismaux

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Le chef de travaux Janvier Lemere Kiyombo Makonga a officiellement présenté au public son ouvrage intitulé « La justiciabilité des lois de révision constitutionnelle en droit congolais », à l’occasion d’un vernissage organisé samedi au Village Silikin, dans la concession Cotex, commune de Ngaliema.

Cet événement scientifique et littéraire a réuni plusieurs personnalités du monde académique, juridique et politique. Parmi les invités de marque, le professeur Jacques Djoli, rapporteur de l’Assemblée nationale, a salué la pertinence et la profondeur de cette publication qui aborde une question essentielle du droit constitutionnel congolais.

Dans son intervention, Jacques Djoli a mis en exergue l’intérêt majeur de l’ouvrage, qui explore les débats doctrinaux et jurisprudentiels relatifs à la possibilité de soumettre les lois de révision constitutionnelle au contrôle de constitutionnalité. Une problématique qui, selon lui, oppose deux grandes tendances : celle favorable au contrôle juridictionnel et celle prônant une forme d’immunité de ces lois.

« En République démocratique du Congo, une loi de révision constitutionnelle relève d’un pouvoir institué et constitué », a-t-il rappelé, soulignant ainsi la complexité du débat.

Poursuivant son analyse, le constitutionnaliste a insisté sur la question du rôle du gardien de la Constitution. Pour lui, la protection de l’intégrité constitutionnelle peut être assurée par plusieurs mécanismes, notamment politiques, parlementaires ou juridictionnels.

« Le débat sur celui qui garde la Constitution — ou celui qui veille sur son respect — reste permanent.

Cette mission peut être assumée à travers différentes voies, y compris par le juge », a-t-il déclaré.

Selon Jacques Djoli, l’ouvrage du chef de travaux Janvier Lemere Kiyombo Makonga constitue un apport scientifique notable en ce qu’il propose des outils théoriques et pédagogiques permettant d’éclairer cette dualité et d’orienter la réflexion vers une prise de position fondée.

Il a également soulevé la question de la capacité du juge congolais à exercer pleinement ce rôle, en s’interrogeant sur l’existence d’une culture constitutionnelle suffisamment affirmée pour garantir l’efficacité du contrôle.

« Ces interrogations relèvent du contexte propre à chaque système judiciaire », a-t-il nuancé.

Dans la même dynamique, Jacques Djoli a établi une distinction entre le constitutionnalisme et le légicentrisme. Il a expliqué que le légicentrisme privilégie la suprématie de la loi parlementaire, parfois au détriment de la Constitution, tandis que le constitutionnalisme consacre la primauté de cette dernière et le rôle du juge comme garant de l’État de droit.

S’inscrivant résolument dans une approche constitutionnaliste, il a insisté sur le fait que, dans un État démocratique moderne, toute loi doit être conforme à la Constitution, sous le regard vigilant du juge.

Par ailleurs, il a déploré le silence du constituant congolais face à cette problématique, estimant qu’un encadrement plus explicite serait nécessaire pour lever les ambiguïtés.

À travers cet ouvrage, le chef de travaux Janvier Lemere Kiyombo Makonga apporte ainsi une contribution significative au débat juridique en République démocratique du Congo, en invitant à une réflexion approfondie sur le rôle du juge dans la préservation de l’ordre constitutionnel.

Le vernissage s’est clôturé dans une атмосphère d’échanges scientifiques enrichissants, confirmant l’intérêt croissant pour les questions liées à l’État de droit et à la gouvernance constitutionnelle en RDC.

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