La République démocratique du Congo poursuit sa stratégie de renforcement de la coopération judiciaire internationale. En marge du troisième Sommet Russie-Afrique, organisé les 28 et 29 octobre à Moscou, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a échangé avec ses homologues mauritanien et centrafricain sur plusieurs enjeux liés à la modernisation de la justice, à la lutte contre la criminalité financière et à la protection des intérêts de l’État.
Avec le ministre mauritanien de la Justice, Mohamed Ould Soueidatt, les discussions ont porté sur la préparation de trois accords concernant la coopération judiciaire, le transfèrement des personnes condamnées et l’extradition. Cette démarche vise à consolider les relations entre les deux pays et à faciliter leur collaboration dans le traitement des affaires judiciaires.
La Mauritanie s’est également montrée disposée à partager son expertise avec la RDC, notamment dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que dans la transformation numérique des services judiciaires.
Les échanges avec le ministre centrafricain, Arnaud Djoubaye Abazene, ont principalement concerné la sauvegarde du patrimoine public et l’amélioration du climat des affaires. Les deux responsables ont notamment abordé les difficultés liées à l’exécution des décisions de la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) de l’OHADA, particulièrement lorsqu’elles concernent la saisie des biens et des avoirs des entreprises publiques.
À ce sujet, le responsable centrafricain a présenté une réforme récemment adoptée dans son pays, qui précise les biens, services et droits bénéficiant d’une protection contre les saisies. Cette expérience pourrait alimenter les réflexions sur les mécanismes juridiques permettant de concilier l’exécution des décisions de justice et la préservation des intérêts de l’État.
De son côté, Guillaume Ngefa a exposé les principales réformes engagées en RDC, notamment la loi instituant le Tribunal pénal économique et financier ainsi que le parquet qui lui est rattaché. Il a également évoqué les avancées du projet de loi anticorruption, qui s’inscrit dans les efforts visant à renforcer la lutte contre les infractions économiques et financières.
Au-delà de ces questions, Kinshasa et Bangui ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le partage d’expériences sur les dossiers judiciaires d’intérêt commun, avec une attention particulière portée à la lutte contre les crimes commis par les groupes armés.
Ces rencontres font suite à la signature, le même jour à Moscou, d’une déclaration de coopération judiciaire entre le ministre congolais et son homologue russe, Konstantin Chuychenko. Cet engagement prévoit notamment des échanges autour de la formation des cadres congolais, du renforcement des capacités techniques et de l’entraide judiciaire.
À travers ces différentes initiatives, la RDC entend élargir son réseau de partenaires et tirer profit des expériences étrangères pour soutenir la modernisation de son système judiciaire. L’objectif est de renforcer l’efficacité de la justice, de mieux protéger les intérêts publics et de consolider l’État de droit.
Corinne Ontande
