La RDC veut renforcer ses moyens de connectivité Internet internationale

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Les autorités congolaises multiplient les investissements dans les infrastructures, afin de soutenir leurs ambitions de transformation numérique. Le pays explore par exemple la possibilité de se doter d’un satellite de télécommunications.

Le gouvernement congolais entend renforcer les sources de connectivité internationale du pays. L’initiative vise à anticiper la croissance attendue des besoins en données, portée par l’essor des usages numériques, des services en ligne et de l’économie digitale. L’initiative a été révélée cette semaine par Augustin Kibassa Maliba, le ministre de l’Économie numérique, lors d’un panel consacré au « Financement stratégique de la recherche et de l’innovation ». C’était dans le cadre du Forum du segment politique de haut niveau sur le financement du secteur de l’éducation, organisé le mardi 28 avril à Kinshasa.

Les autorités envisagent deux leviers. Le premier consiste à développer de nouveaux raccordements à des câbles sous-marins, afin d’augmenter la capacité disponible et de réduire les coûts de la bande passante. Le second repose sur le renforcement des interconnexions terrestres avec des pays voisins mieux desservis, une solution plus rapide à déployer pour sécuriser l’accès à la connectivité internationale.

Une dépendance encore limitée et vulnérable

Actuellement, la République démocratique du Congo dépend principalement de deux câbles sous-marins internationaux pour accéder à l’Internet mondial. Le pays s’est connecté au West Africa Cable System (WACS), sa première infrastructure du genre, en 2013, qui a longtemps constitué sa principale porte d’entrée internationale. Toutefois, des pannes récurrentes, qui se sont intensifiées ces dernières années, ont perturbé l’accès à Internet. L’une des plus récentes a notamment affecté la qualité de service pendant plusieurs semaines début 2026.

Le second câble, 2Africa, l’un des plus vastes systèmes au monde, a atterri sur les côtes congolaises en septembre 2023. Il a été mis en service en décembre 2025 par l’opérateur Airtel RDC, avec une capacité initiale de 200 gigabytes par seconde (Gb/s). Cette infrastructure vise à améliorer significativement la qualité de service et à renforcer les mécanismes de redondance du réseau.

Une initiative inscrite dans une dynamique continentale soutenue

Le ministre n’a pas précisé les câbles visés, ni les pays voisins concernés. Cette déclaration survient toutefois dans un contexte marqué par une intensification des projets de câbles sous-marins en Afrique. Parmi eux, le système Medusa suscite un intérêt croissant. Ce projet prévoit une capacité totale de 480 térabytes par seconde (Tb/s), reposant sur 24 paires de fibres.

Initialement conçu pour relier les pays méditerranéens, il a été étendu à l’Afrique, avec l’ambition d’améliorer l’accès au numérique pour des centaines de millions de personnes dans 22 pays. Le Gabon, le Cameroun, la Guinée et la Guinée équatoriale figurent parmi les pays intéressés, pour une mise en service attendue entre 2028 et 2030. Par ailleurs, la RDC a récemment signé un accord de partenariat de 150 millions de dollars avec une société mauricienne, incluant notamment l’installation d’un nouveau câble sous-marin international.

Plusieurs pays frontaliers disposent déjà d’infrastructures importantes. L’Angola compte 5 câbles sous-marins, la République du Congo en exploite 2, tandis que la Tanzanie en possède 5. À une échelle plus large, des hubs régionaux comme le Nigeria (8 câbles), le Cameroun (5) et le Kenya (7, avec 2 en cours de déploiement) offrent des possibilités de connexion indirecte. Cependant, cette diversité apparente doit être relativisée. Plusieurs de ces pays partagent en réalité certaines infrastructures, ce qui limite le niveau réel de redondance.

Un levier clé pour l’inclusion numérique et la baisse des coûts

Le renforcement des capacités via les câbles sous-marins permet d’accroître significativement la bande passante disponible et d’améliorer la résilience des réseaux, afin de répondre à une demande croissante en connectivité à haut débit, aussi bien pour les usages actuels que futurs. Le taux de pénétration d’Internet en RDC était estimé à 19,7 % en 2024, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT).

L’augmentation de la capacité est également associée à une baisse des coûts. Dans un rapport publié en juin 2025, la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI) indique qu’un doublement de la capacité internationale peut entraîner une baisse immédiate d’environ 32 % du prix du haut débit fixe et jusqu’à 50 % pour le mobile.

 

Isaac K. Kassouwi

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