L’AFC/M23 joue la carte de l’usure à Kabunambo (John Ngombua)

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L’observation des mouvements de troupes dans l’Est de la RDC révèle une mutation profonde du conflit. Le déploiement récent de près de 1 500 hommes par l’AFC/M23 à Kabunambo, sur la RN5, ne ressemble plus à une simple opération de conquête mobile, mais à une volonté claire de geler le front.

Pourquoi Kabunambo est-il le pivot du Sud-Kivu ?

En concentrant l’équivalent de deux bataillons sur ce point précis, la rébellion ne cherche pas l’assaut frontal vers les sommets escarpés, ni vers Uvira mais l’interdiction. Kabunambo est le « poumon » logistique de la plaine de la Ruzizi. Tenir ce verrou, c’est :

1) Asphyxier Minembwe

Les troupes loyalistes en altitude dépendent vitalement du flux de la RN5 pour leur ravitaillement lourd.

2) Neutraliser la mobilité

Transformer une route nationale en une zone de positionnement statique qui force l’adversaire à l’immobilisme.

De la guerre de mouvement à la guerre d’usure

Ce « gel » tactique suggère que l’AFC/M23 se prépare à l’échec des voies diplomatiques. En l’absence de concessions politiques de la part de Kinshasa, la stratégie bascule vers le pourrissement :

Épuiser les finances publiques par le coût exorbitant d’un entretien logistique détourné (ponts aériens, pistes secondaires).

Installer une administration de fait sur les zones sous contrôle, transformant le provisoire en définitif.

Briser le moral des troupes au front par un siège à distance, sans combat majeur, mais par privation.

Le constat

L’heure n’est plus aux grandes offensives de prestige, mais à une partie d’échecs logistique. En bloquant l’artère vitale du Sud-Kivu, l’AFC place le gouvernement devant un dilemme : lancer une contre-offensive sanglante pour briser le verrou ou accepter, de fait, une partition du contrôle territorial.

Le front se fige, mais la pression monte. Qui de l’agresseur ou du défenseur cédera le premier sous le poids de cette guerre d’usure ?

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