Le drame de la famille Byabagamba ou la déshumanisation du régime de Kigali (John Ngombua)

Issue de la communauté des Tutsis réfugiés en Ouganda — le berceau d’où sont sortis le FPR, l’APR et le pouvoir de Paul Kagame —, la famille du notable James Byabagamba incarnait l’engagement total aux côtés du nouvel ordre politique rwandais.
Pourtant, la loyauté absolue d’hier n’a offert aucune protection face à la brutalité du système. L’histoire de cette fratrie illustre jusqu’à l’effroi la dérive d’un pouvoir qui finit par dévorer ses propres enfants :
Christine Byabagamba est décédée en exil des suites d’une maladie, séparée de son mari et de son frère, tous deux jetés en prison.
Le général Frank Rusagara (son époux) a fini ses jours en détention après plus d’une décennie d’incarcération.
Le colonel Tom Byabagamba, ancien chef de la Garde républicaine déchu de ses grades et emprisonné pour des opinions privées, aura payé de sa vie ce refus du silence.
David Himbara, ancien conseiller stratégique contraint à l’exil, contemple aujourd’hui la destruction tragique des siens : une sœur, un frère et un beau-frère emportés par l’appareil d’État qu’ils ont aidé à bâtir.
Ils ont servi une cause qui, en réalité, se servait d’eux.
Le tragique destin des Byabagamba n’est pas un cas isolé : il est le miroir de ce que traversent de nombreuses autres familles au Rwanda. Il met à nu un modèle politique fondé sur la peur, l’instrumentalisation et le broyage systématique des cadres de la première heure dès lors qu’ils osent exprimer une nuance ou une dissidence.
