Mines : La RDC n’est pas condamnée à rester une carrière à ciel ouvert
(Par Nico Minga, Économiste, Auteur et Géostratège)
Nous possédons 70 % du cobalt mondial, mais nous vivons encore dans la précarité. Les minerais congolais alimentent déjà les batteries électriques, les smartphones et la transition énergétique mondiale, mais nos enfants manquent d’écoles et nos villes d’eau potable. La contradiction est brutale : nous faisons rouler le monde, mais nous piétinons sur place.
L’avenir du secteur minier ne se joue plus uniquement dans les gisements. Il se définit à travers les nouvelles technologies, les énergies renouvelables et la traçabilité environnementale. Or, la RDC n’a pas encore les ingénieurs, les techniciens et les chercheurs capables de porter cette révolution. Faute de capital humain qualifié, nous resterons dépendants des expertises étrangères, relégués à un rôle périphérique, pendant que d’autres transformeront et vendront ce que nous nous contentons d’extraire.
La signature récente du partenariat entre la RDC et la société américaine Kobold Metals illustre cette nouvelle donne. Sept certificats de recherche digitalisés ont été remis à l’entreprise, qui annonce des investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars, l’usage de l’intelligence artificielle pour l’exploration et la numérisation des données géologiques nationales. Elle promet également de former la main-d’œuvre congolaise, d’assurer une rémunération équitable et de construire des infrastructures locales.
Mais au-delà des promesses, la question essentielle demeure. Serons-nous capables de former nous-mêmes les Congolais qui piloteront ces technologies et transformeront ces minerais, ou resterons-nous éternellement dépendants ? La RDC doit intensivement investir dans l’éducation, créer des centres de formation spécialisés et bâtir des partenariats académiques et industriels pour faire émerger une génération d’experts congolais capables de diriger la transformation locale. Sans cette préparation, nos ressources ne vaudront rien.
Le véritable combat n’est pas dans les mines, mais dans les salles de classe, les laboratoires et les universités. Tant que nous n’investirons pas dans notre jeunesse, nous resterons une réserve de matières premières, incapables de devenir une puissance économique. Le choix est alors simple. Préparer notre peuple à la révolution minière du 21e siècle, ou disparaître de la carte des nations qui comptent.



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