Nord-Kivu et Sud-Kivu: Le Gouvernement suspend temporairement les activités académiques à Goma et Bukavu

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé la suspension temporaire des activités académiques dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu, deux principales villes de l’Est du pays. La mesure, communiquée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire et de la Recherche scientifique (ESURSI), intervient dans un contexte particulièrement sensible dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon le communiqué rendu public par le ministère, la suspension concerne plusieurs établissements situés dans les villes de Goma et de Bukavu. L’annonce ne précise pas, dans l’élément communiqué, la durée exacte de cette interruption ni les modalités détaillées de la reprise des activités académiques. Les autorités compétentes sont donc appelées à apporter, au moment opportun, des précisions aux responsables des établissements, aux enseignants et aux étudiants concernés.
Cette décision touche directement le fonctionnement des institutions d’enseignement supérieur et universitaire implantées dans ces deux grandes agglomérations de l’Est de la République démocratique du Congo. Elle concerne ainsi une importante communauté universitaire composée notamment d’étudiants, de professeurs, de chercheurs, de membres du personnel administratif et technique.
À Goma comme à Bukavu, les établissements d’enseignement supérieur jouent un rôle important dans la formation de la jeunesse et dans le développement des compétences nécessaires au fonctionnement des administrations, des entreprises et des différents secteurs de la société. Toute interruption des activités académiques constitue dès lors une mesure ayant des répercussions au-delà du seul calendrier universitaire.
La suspension annoncée par le Gouvernement traduit surtout la volonté des autorités de prendre en considération les conditions particulières qui prévalent dans ces deux villes avant de permettre la poursuite normale des enseignements. Dans un environnement marqué par des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays, la protection des étudiants et de l’ensemble de la communauté universitaire constitue un enjeu majeur.
Cette mesure devrait également permettre aux établissements concernés d’adapter leur fonctionnement à l’évolution de la situation sur le terrain. Les responsables académiques devront notamment assurer la transmission des informations aux étudiants et aux personnels, tout en veillant à préserver les acquis pédagogiques et administratifs accumulés depuis le début de l’année académique.
Pour les étudiants, cette suspension pourrait toutefois entraîner des perturbations dans le déroulement des cours, des travaux pratiques, des examens et d’autres activités scientifiques. La principale préoccupation sera donc de déterminer les mécanismes qui permettront de rattraper les enseignements et de réorganiser le calendrier académique lorsque les conditions permettront une reprise normale.
Les autorités universitaires sont ainsi susceptibles d’être confrontées à la nécessité de revoir la programmation de certaines activités afin d’éviter que cette interruption temporaire n’ait des conséquences importantes sur les parcours des étudiants. Une communication régulière entre le ministère de tutelle, les comités de gestion des établissements et les représentants des étudiants devrait être déterminante pour assurer une gestion efficace de cette période.
La décision concerne particulièrement Goma et Bukavu, deux villes stratégiques de l’Est de la RDC. Leur situation revêt une importance particulière en raison de leur rôle administratif, économique, social et universitaire. Les établissements qui y sont implantés accueillent un nombre important de jeunes venus de différentes régions du pays.
Au-delà de l’aspect académique, la suspension rappelle également l’impact que la situation sécuritaire de l’Est peut avoir sur les services publics et sur la vie quotidienne de la population. Les secteurs de l’éducation, de la santé, de la justice, de l’économie et de l’administration sont tous susceptibles d’être affectés lorsque les conditions de sécurité deviennent difficiles.
Le Gouvernement devra donc continuer à suivre l’évolution de la situation afin de déterminer les conditions permettant un retour progressif à la normale. Pour le secteur de l’enseignement supérieur, l’enjeu sera de garantir que les étudiants puissent reprendre leurs études dans un environnement sécurisé et que les institutions puissent poursuivre leurs missions d’enseignement et de recherche dans de bonnes conditions.
La suspension étant présentée comme temporaire, l’objectif n’est pas de remettre en cause le fonctionnement des établissements concernés, mais de tenir compte des circonstances actuelles. La reprise des activités devra ainsi être accompagnée d’une communication claire afin d’éviter toute confusion concernant les nouvelles dates de cours, les examens et les autres obligations académiques.
Cette situation met également en évidence la nécessité pour les institutions universitaires de disposer de mécanismes de gestion de crise permettant de maintenir, autant que possible, la continuité pédagogique lorsque les circonstances l’exigent. Le recours aux outils numériques, lorsque les conditions techniques le permettent, pourrait notamment constituer l’une des pistes à envisager pour limiter les effets de l’interruption sur les étudiants.
En attendant de nouvelles orientations du Gouvernement et du ministère de tutelle, les communautés universitaires de Goma et de Bukavu sont donc appelées à se conformer à la mesure annoncée. Une attention particulière devra être accordée à l’information des étudiants et du personnel, ainsi qu’à la préparation des conditions de reprise.
La décision du Ministère de l’ESURSI constitue ainsi une mesure exceptionnelle destinée à accompagner la gestion de la situation dans les deux principales villes universitaires de l’Est.
La priorité demeure la sécurité des membres de la communauté académique, tout en veillant à ce que l’interruption des activités n’entraîne pas une désorganisation durable du système universitaire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Corinne Ontande
