Papa Wemba, l’éternel ambassadeur de l’Afrique à la Fête de la Musique

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Le 14 juin, un anniversaire qui résonne encore dans le cœur des mélomanes

 (Par Félix Caleb DJAMANY)

Le destin a parfois le sens du symbole. Alors que le monde musical s’apprête une nouvelle fois à célébrer la Fête de la Musique, une date particulière s’impose à la mémoire des amoureux de la rumba congolaise : le 14 juin. Ce jour-là, en 1949, naissait à Lubefu, au cœur du Kasaï, celui qui allait devenir l’une des plus grandes voix africaines de tous les temps : Papa Wemba.

Dix ans après sa disparition tragique sur scène, le 24 avril 2016, le « Roi de la Sape » continue d’habiter les mémoires. Son élégance, sa voix cristalline, son sens du spectacle et sa capacité à porter la culture congolaise aux quatre coins du monde en ont fait une véritable légende.

Parmi les nombreux moments qui ont jalonné sa carrière internationale, l’année 1990 demeure un sommet. À une époque où la Fête de la Musique s’impose comme l’un des plus grands rendez-vous culturels populaires de France, Papa Wemba figure parmi les artistes africains les plus prestigieux invités à représenter le continent. Avec son orchestre Viva La Musica, il offre des prestations explosives qui marquent durablement les spectateurs et confirment le rayonnement international de la rumba congolaise.

Quand Viva La Musica enflammait les scènes européennes

Au tournant des années 1990, Viva La Musica est au sommet de son art. Installé entre Kinshasa et Paris, Papa Wemba développe une formule musicale unique où la rumba congolaise rencontre les influences occidentales, sans jamais perdre son âme africaine.

Lors des concerts de cette période, plusieurs titres électrisent systématiquement le public :

1. Mère Supérieure

L’un des classiques historiques de Viva La Musica. Dès les premières notes, les danseurs envahissent la scène et rappellent les débuts glorieux de l’orchestre.

2. Mabele Mokonzi

Une œuvre majeure du répertoire de Papa Wemba, portée par des arrangements raffinés et des sébènes endiablés.

3. Libonza Na Ngai

Véritable démonstration du génie vocal du chanteur, ce morceau permet à Papa Wemba de déployer toute l’étendue de son talent scénique.

Les artisans du son Viva La Musica

Derrière le charisme de Papa Wemba se cachait une formidable équipe de musiciens qui ont largement contribué à la magie des concerts de cette époque.

Parmi les membres les plus remarqués sur les scènes européennes de 1990 figuraient :

Reddy Amisi (chant)

José Fataki (chant)

Luciana Demingongo (chant)

Espérant Kisangani (chant)

Fafa de Molokai (chant)

Lidjo Kwempa (chant)

Yves Demukuse (guitare solo)

Bongo Wende (guitare solo)

Tshipanga Ping-Pong (guitare rythmique)

Dada Acoma (basse)

Richacha Balengola (batterie)

Ikonola Isibangi (lokolé)

Guy-Guy Toupa (percussions)

Cette formation exceptionnelle représentait l’une des plus redoutables machines musicales du continent africain.

Deux anecdotes que beaucoup ignorent

L’orchestre qui défilait comme une maison de haute couture

Bien avant que la mode africaine ne conquière les podiums internationaux, Papa Wemba transformait déjà ses concerts en véritables défilés. Chaque apparition de Viva La Musica était soigneusement pensée : costumes griffés, chaussures italiennes, accessoires de luxe et élégance irréprochable. Pour de nombreux jeunes Africains de l’époque, les concerts de Papa Wemba étaient autant des événements musicaux que des leçons de style.

Une révolution culturelle cachée derrière la musique

Ce que beaucoup ignorent, c’est que Papa Wemba a largement contribué à faire accepter la culture congolaise dans les grands circuits européens de world music. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, ses prestations en France ouvrent la voie à toute une génération d’artistes africains qui trouveront ensuite leur place sur les grandes scènes internationales.

Dix ans après, la voix demeure

Aujourd’hui encore, lorsque retentissent les premières notes de ses chansons, un frisson parcourt les passionnés de musique africaine. Papa Wemba n’était pas seulement un chanteur. Il était un ambassadeur culturel, un créateur de tendances, un bâtisseur de ponts entre l’Afrique et le reste du monde.

En cette année qui marque le dixième anniversaire de sa disparition, son anniversaire du 14 juin prend une dimension particulière. Il nous rappelle qu’au-delà des modes et des générations, certaines voix deviennent immortelles.

Et lorsque la Fête de la Musique résonnera dans les rues du monde entier, beaucoup entendront encore l’écho de cette voix venue de Lubefu qui, un jour, fit danser la planète entière au rythme de la rumba congolaise.

Ecris moi en commentaires à soleil.levantasbl@gmail.com ; quelle est la chanson que tu fredonne encore et encore ?

A quelle fête de la musique va tu assister ou participer ?

#CalebafroPulse

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