A la messe des funérailles de mon professeur Pierre Mukuna, prêtre de Mbuji-Mayi, le mardi 14 juillet, dans la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa, j’ai entendu le prédicateur souligner, dans l’homélie, que le défunt préférait s’entendre désigner comme « Abbé Professeur » plutôt que « Professeur Abbé », « comme nous aujourd’hui », a lancé le prêtre.
Oui, les hommages à l’illustre disparu avaient souligné l’humilité, la modestie, la discrétion de ce savant et rigoureux professeur d’histoire de l’Eglise. Il se préférait donc abbé, prêtre.
De 1983 à 1987, au théologat Eugène de Mazenod de Kinshasa-Kintambo, Mukuna Mutanda m’a enseigné l’histoire de l’Eglise. Il était docteur de l’Université grégorienne de Rome depuis 1979. Le pays ne comptait pas beaucoup de docteurs. Mais dans les mentalités, il aurait été inconvenant d’appeler un prêtre professeur plutôt que père ou abbé.
Aujourd’hui, on recherche des titres académiques et on les brandit pour se montrer supérieur.
L’évêque de Mbuji-Mayi, Monseigneur Bernard-Emmanuel Kasanda, a présidé la messe concélébrée par une quarantaine de prêtres et deux évêques : Félicien Ntambwe, archevêque de Kananga et Stanislas Lukumwena, évêque émérite de Kole. Monseigneur Kasanda a déclaré que son prêtre, qui n’était pas hypocrite, est certainement accueilli aujourd’hui par le Christ : Pierre Mukuna était simple comme le Christ lui-même.
Le Président de la République a participé à la messe des funérailles. Enfant, Félix-Antoine Tshisekedi avait connu ce prêtre condisciple et ami de son oncle paternel Gérard Mulumba, ancien évêque de Mweka, mort en 2020 alors qu’il était chef de la maison civile du chef de l’Etat.
