Plaidoyer de Jérôme Sekana et l’Asbl Toile d’araignée: Non à la généralisation du SMIG dans le secteur agricole

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S’il ne s’oppose pas au SMIG, il dit par contre non à sa généralisation dans le secteur agricole, surtout que les entreprises de ce secteur assurent à leurs employés et à leur ayant droit une prise en charge complète et digne, couvrant la santé, l’éducation, le logement, … du reste supérieure au SMIG. L’application de ce SMIG peut provoquer des licenciements massifs et autres abandons des charges sociales, au risque de quintupler l’enveloppe salariale. Et ce, dans un contexte où la Rdc qui regorge 80 millions d’hectares des terres arables et 40 millions d’hectares des terres irrigables, dépense chaque année plus de 3,5 milliards de dollars américains pour importer les produits alimentaires dont lui-même a la capacité de produire. Signes de ce paradoxe criant qui exige plus d’investissements et beaucoup de moyens pour une vraie revanche du sol sur le sous-sol.

Ce samedi dans la commune de la Gombe, l’Asbl « Toile d’Araignée » et son Coordonnateur Jérôme Sekana, ont lancé un plaidoyer pour l’autosuffisance alimentaire. Devant la presse, il a voulu savoir si la revanche du sol sur le sous-sol prônée par le président de la République est un mythe ou une réalité, impératif social ou une priorité économique ? Pays des paradoxes, la Rdc dispose des terres arables inestimables, mais qui ne sont pas mises en valeur. En retour, le Gouvernement de la République se permet de dépenser plus de 3,5 milliards de dollars américains pour importer les produits alimentaires dont il a lui-même la capacité de produire. Ce qui fait que les Congolais mangent ce qu’ils ne produisent pas et produisent ce qu’ils ne mangent pas. Bien que le chef de l’Etat ait lancé le slogan : « la revanche du sol sur le sous-sol », il revenait au Gouvernement de s’en approprier et lui donner un corps, à travers des politiques agricoles cohérentes et des moyens conséquents. Ceci, lorsqu’on sait que depuis l’époque de Mobutu, l’agriculture a toujours été la priorité des priorités, mais sans pour autant bénéficier des programmes et moyens à la dimension de ce potentiel. Un autre défi qui est venu aggraver le secteur agricole, c’est le déficit en infrastructures essentielles de base pour son éclosion.

388 entreprises seulement

Selon des statistiques de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), sur 3.000 entreprises formelles et affiliées, seulement 388 exploitent dans les secteurs agro-industriel, pastoral et forestier contribuent de manière significative au social des populations des zones rurales. Selon le même document de la FEC, elles prennent en charge la gratuité de l’enseignement de base, les soins de santé, l’adduction d’eau potable, l’entretien des routes de desserte agricole, l’encadrement des autorités politico-administratives, la création d’emplois directs et indirects, etc.

Ces entreprises installées dans les zones rurales doivent faire face au paiement d’un Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 21.500 Francs congolais par jour dès janvier 2026. S’il est appliqué sans discernement, il risque de provoquer des licenciements massifs et la fermeture des unités de production. D’où la nécessité d’instaurer un Salaire minimum agricole garanti (SMAG) encadré et négocié, couplé à une politique de soutien public au secteur agricole.

Outre ce qui a été indiqué, l’application aveugle du SMIG dans le secteur agricole, se fait dans un contexte où le tissu économique rural est menacé d’effondrement pur et simple ; un cataclysme social sans précédent s’annonce ; la disparition des programmes sociaux portés par les agro-industriels ; l’ouverture des frontières à des importations illégales massives ; une montée en flèche de la tension sociale est à redouter, etc.

Ce SMAG, s’il est bien appliqué, va concourir à l’augmentation sensible de la production nationale, la diversification des sources de financement, l’équilibre de la balance de paiement, la maitrise de l’inflation et stabilisation du cadre macroéconomique, accroissement des investissements dans le secteur agricole, accroissement des investissements dans les infrastructures, amélioration du pouvoir d’achat de la population, développement de la chaine des valeurs alimentaires, …

Adopter les mesures d’application de la loi agricole

Au regard de tout ce qui précède et en attendant d’autres étapes du plaidoyer, disons que des recommandations ont été adoptées quat à ce. C’est le cas, notamment de la nécessité pour le Gouvernement central d’instaurer un dialogue permanent et efficient avec les producteurs agricoles locaux ; consulter la corporation des entreprises agro-pastorales et agro-industrielles pour examiner cette problématique dans toutes ses facettes et trouver ensemble des solutions idoines ; accorder d’abord un moratoire et prendre des mesures transitoires en faveur des entreprises des secteurs concernés afin de leur permettre d’appliquer un SMIG réaliste et adapté aux entreprises exploitant dans les zones rurales.

Disons que l’Etat doit implémenter une nouvelle politique agricole qui prend en charge le paysannat, l’agro-pastoral et l’agro-industrie ; appliquer le Code agricole : prendre les Arrêtés interministériels/Décrets pour accorder les subventions et autres avantages aux producteurs agricoles locaux; suspendre le SMIG généralisé dans les secteurs du paysannat, de l’agropastoral et de l’agro-industriel, …

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