Depuis des années, il a été démontré que la République démocratique du Congo est le pays où souvent les poissons meurent de vieillesse, parce que la pêche est restée traditionnelle et non modernisée. De même, il suffit de parcourir certaines provinces de la RDC pour se rendre compte comment des fruits comme les mangues, les oranges, les ananas, les citrons pourrissent, par manque d’une véritable industrie de transformation. C’est ici que la politique chinoise de zéro droit de douane apparait comme une solution aux problèmes des Africains en général, et de la RDC en particulier. Ici, plus question de se compliquer la tâche, que de jeter un coup d’œil sur ce que d’autres pays africains ont fait pour améliorer la qualité de leurs produits et profiter de cet avantage unique au monde.
Parmi ces pays qui peuvent servir de modèle en Afrique, il y a la République du Congo et la République populaire de Chine ont signé jeudi à Brazzaville cinq accords d’exportation et d’importation des produits congolais dans le cadre de l’initiative chinoise sur l’exemption totale de droits de douane accordée à 53 pays africains.
Ayant mis en œuvre depuis le premier décembre 2024 un traitement tarifaire nul aux pays les moins avancés (PMA), dont 33 pays africains, sur 100% de leurs produits, la Chine a décidé d’appliquer, à compter du premier mai 2026, un traitement à zéro droit de douane à tous les pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques.
« Nous formons le vœu que ces premiers accords entre producteurs congolais et importateurs chinois servent de catalyseur et encouragent d’autres producteurs à emboîter le pas », a déclaré le ministre congolais de la Coopération et du Partenariat public-privé, Denis Christel Sassou Nguesso, qui a assisté à la cérémonie de signature des accords couplée à une rencontre d’affaires.
Lors de cette rencontre, une dizaine d’entreprises congolaises et chinoises ont signé des accords portant sur l’exportation vers la Chine, à zéro droit de douane, des produits congolais, notamment le Poria cocos, les arachides et les sels de potassium.
Face à la montée en puissance du protectionnisme, de l’unilatéralisme et de la politique du plus fort, la signature « constitue une action concrète pour préserver le système commercial multilatéral centré sur l’Organisation mondiale du commerce, donnant ainsi l’exemple dans la solidarité, la coopération et le développement autonome des pays du Sud global », a noté de son côté Liu Yuxi, ambassadeur pour les affaires du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), également présent à la cérémonie.
La Chine continuera d’encourager plus d’entreprises chinoises à mener des négociations et développer des coopérations avec la partie africaine, a-t-il affirmé, appelant les entreprises signataires à diversifier les modèles de collaboration pour tirer pleinement parti de la politique chinoise de zéro droit de douane, de manière à stimuler les exportations, l’investissement et la création d’emploi.
L’ambassadrice de Chine en République du Congo, An Qing, et la directrice du bureau des affaires étrangères de la Province du Hunan, Guo Ning, ont elles aussi assisté à la signature des accords
Le Bénin et ses exportations d’ananas « Pain de Sucre » vers la Chine
Un autre pays qui a bénéficié de l’initiative chinoise en Afrique, c’est le Benin qui a lancé les exportations de l’ananas « Pain de Sucre » vers le marché chinois. Ce lancement a eu lieu à Allada, une ville située à environ 70km au nord de Cotonou, capitale économique du Bénin.
L’événement s’est déroulé en présence de l’ambassadeur de Chine au Bénin, Zhang Wei, de la ministre béninoise de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Alimatou Assouman, du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Cossi Gaston Dossouhoui, ainsi que de représentants de plusieurs institutions béninoises.
Mme Assouman a estimé que le début des exportations d’ananas vers la Chine marquait une étape importante dans la mise en œuvre du consensus atteint par les chefs d’Etat des deux pays.
Le Bénin entend tirer pleinement parti de la politique chinoise de zéro droit de douane afin d’accroître ses exportations vers la Chine et de promouvoir un nouveau modèle d’échanges bilatéraux équilibrés et mutuellement bénéfiques, a-t-elle ajouté.
M. Dossouhoui a souligné que cette initiative représentait une opportunité importante pour stimuler la modernisation du secteur agricole béninois, favoriser l’emploi et améliorer le bien-être de la population.
Politique de zéro taxe, une réponse chinoise au protectionnisme commercial
Pour rappel, c’est depuis le 1er décembre que la Chine a mis en place une nouvelle politique douanière pour accorder un traitement tarifaire nul sur 100% des produits en provenance des pays les moins développés ayant établi des relations diplomatiques avec elle, dont 33 pays africains, devenant ainsi le premier pays en développement et l’une des principales économies mondiales à adopter cette mesure.
Dans un contexte où le protectionnisme commercial fait des ravages dans le monde, cette politique de la Chine témoigne de son engagement continu en faveur d’une ouverture de haut niveau et de sa volonté de partager les dividendes de son développement avec les pays les moins développés, en particulier avec ceux en Afrique, pour avancer ensemble sur la voie de la modernisation.
Lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, qui s’est déroulé début septembre, la Chine a décidé d’élargir de sa propre initiative et de façon unilatérale l’ouverture de son marché et d’accorder un traitement tarifaire nul à 100% des produits exportés vers la Chine par les pays les moins avancés ayant avec elle des relations diplomatiques, dont 33 pays africains.
Cette décision constitue l’une des « dix actions de partenariat » pour promouvoir la modernisation de la Chine et de l’Afrique, renforçant ainsi la communauté d’avenir partagé Chine-Afrique, a expliqué Yang Baorong, de l’Institut des études sur l’Asie occidentale et l’Afrique de l’Académie des sciences sociales de Chine.
Cette mesure majeure vise à stimuler la coopération industrielle à travers le commerce à grande échelle, à améliorer la qualité de la coopération sino-africaine et à encourager davantage de pays du Sud à participer au processus de la modernisation, a-t-il souligné.
JMNK
