RDC : Un budget 2026 ambitieux sous tension, entre guerre et fiscalité
Par Nico Minga, Économiste, Auteur et Géostratège
À trois jours de l’ouverture de la session budgétaire au Parlement, le gouvernement congolais a adopté, ce vendredi 12 septembre, l’avant-projet de loi de finances 2026 présenté par le Vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito. Évalué à 20,3 milliards de dollars, en hausse de 14,8 % par rapport à 2025, ce budget veut répondre aux priorités stratégiques du pays dans un contexte économique et sécuritaire sous haute pression. Le texte est désormais soumis au Parlement pour examen et adoption.
L’exécutif projette de doubler les recettes courantes d’ici 2028, de 8,5 à 17 milliards de dollars. La pression fiscale devrait atteindre 12,6 % en 2026 : un niveau encore inférieur à la moyenne régionale, mais qui traduit une volonté claire d’élargir l’assiette et de renforcer la mobilisation des ressources domestiques.
Les détracteurs parlent de mirage comptable ou de fuite en avant. C’est ignorer l’essentiel. Il s’agit d’un budget de combat. Combat contre la pauvreté. Combat contre la guerre dans l’Est. Combat contre les chaînes d’une économie trop longtemps captive de l’informel et de la rente minière. Les investissements annoncés se concentrent sur les infrastructures, la sécurité, la riposte militaire, mais aussi sur l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires, militaires et policiers, appuyée par des mécanismes de retraite et de contrôle des effectifs.
Certes, les risques sont réels. Dépendance au cuivre et au cobalt, fragilité de l’assiette fiscale, insécurité sur une partie du territoire national. Mais une évidence demeure. On ne construit pas un État fort avec des budgets faibles. La hausse de 15 % n’est pas une témérité, c’est une affirmation de souveraineté. Un pari assumé sur la capacité du Congo à financer son propre destin.
Le verdict ne viendra ni des sceptiques ni des comparaisons stériles, mais de l’épreuve des faits. 2026 ne sera pas l’année des illusions, mais celle de la vérité budgétaire. Des milliards promis devront devenir des milliards engagés. Mieux vaut un budget de guerre assumé qu’un budget de résignation.
