Répondant à l’appel du chef de l’Etat: Claude Nyamugabo mobilise la population à une réflexion pour le changement de la constitution
Le Professeur Claude Nyamugabo, président du Front pour un Congo nouveau (FPCN) a organisé ce lundi du reste jour férié une matinée politique, dans le but de voir, quels sont dans la constitution actuelle les articles qui ne cadrent pas avec les désidératas de notre peuple. Cette journée répond à l’appel du président de la République, selon lequel les Congolais avaient droit de réfléchir sur l’avenir de leur constitution. En disciple de Félix Tshisekedi, il a relayé ce message ce matin pour sensibiliser la population, souverain primaire, pour qu’au moment venu, qu’elle fasse le bon choix. Et ce choix va dicter tout ce qui sera fait pour notre pays. Claude Nyamugabo croit que le choix qui sera fait conduira à la stabilité de ce pays, à la paix, et à la prospérité tant voulue par le peuple congolais. Parmi les réformes proposées, il cite notamment : que le président de la République reprennent le pouvoir de nommer les Gouverneurs des provinces, la suppression du Sénat parce qu’il est budgétivore, la suppression des Assemblées provinciales qui sont une redondance, ouvrir la double nationalité aux compatriotes ayant acquis une autre nationalité, nous voulons que l’anglais soit instauré dans l’enseignement nationale.

« Inventaire des réformes constitutionnelles urgentes et les effets attendus », c’est le thème qui a été développé par le Professeur Claude Nyamugabo, lors d’une matinée organisée le 18 Mai 2026. Pour lui, la constitution de 2006 telle que révisée répondait notamment à des impératif de pacification du pays. Et l’évolution des réalités a mis en évidence les limites de cette Constitution.
Parmi les réformes proposées, le professeur Nyamugabo cite le passage à un effectif moniste et rationalisation de l’exécutif. Ici, il a fustigé le conflit entre le Président et le Premier ministre lorsque celui-ci est issu d’un autre camp politique. L’instabilité gouvernement s’est caractérisée par des remaniements réguliers, sans oublier la lenteur à mettre en place un gouvernement post-élection.
Il y a aussi l’adoption d’un parlement monocaméral, en supprimant le Sénat et les Assemblées provinciales ; l’organisation des élections par l’administration publique, la CENI étant limitée et plongée dans la contestation des résultats ; la réorganisation de la décentralisation.) ; la fragmentation de l’autorité de l’État, l’inflation des institutions locales nécessitant la mobilisation’ d’importants fonds ; l’instauration de la double nationalité, qui favorise les investissements, sans oublier l’instauration de l’anglais comme 2e langue.
Les impacts attendus : un gouvernement très efficace, la réduction du train de vie de l’Etat, etc.
La constitution n’a de constitutionnelle que de nom
« La sociologie de la constitution congolaise », c’est thème que le professeur Félix Kalala a développé devant les militants du FPCN et de l’union sacrée venus de partout. A l’en croire, cette Constitution n’a de constitutionnelle que de nom. La plupart des conflits ont pour cause la constitution, parce qu’elle ne répond pas à ce qu’il fallait qualifier de constitution.
Il a observé que la constitution en vigueur en Rdc est au service de l’Etat et de la minorité dominante. Elle est en rupture avec la société congolaise. Pour qu’un texte réponde aux critères d’une Constitution, le texte doit être légitime, le texte doit séparer les pouvoirs, le texte doit promouvoir et protéger les droits fondamentaux.
Le professeur Kalala a aussi constaté que la Constitution est au service des acteurs politiques et non de la population. Que faire?, s’est-il demandé. Il faut repenser l’État congolais par une Constitution projet de société. Elle doit être portée par la philosophie. Pour y arriver, au lieu de proposer le dialogue, qu’il y ait une convocation des États généraux de la Constitution.
Cette série d’exposés s’est terminée avec Me Patrick Mutombo, qui a planché sur « L’impact de la durée des mandats présidentiels ». Il a démontré qu’en réalité, un mandat de 5 ans est exécuté en deux ou trois ans. Faudra-t-il alors revisiter l’article 70 ? Il propose alors une tabula rasa à travers une vraie réforme constitutionnelle.

Présent dans la salle, le professeur Godé Mpoyi a éclairé l’auditoire sur « l’impact des accords de Washington sur notre Constitution ». Il a soutenu que l’accord de Washington a un fondement théorique. Cet accord va donner un coup de tonus à notre économie. La République s’est engagée de mener des réformes législatives et constitutionnelles. Il a fait observer que l’article 220 ne verrouille pas seulement les mandats, mais aussi les provinces.
De son côté, le Ministre José Mpanda, président de Congo Espoir a réaffirmé sa volonté de voir le changement. Il a souhaité que des tels exercices puissent se faire régulièrement. Car, entre la démocratie et le développement, il y a un choix à faire. Entre le leadership et un mandat, il y a un choix à faire.
Pour sa part, François Rubota, président du Mouvement social pour le renouveau a fait un constat amer : « Au lieu que les gens réfléchissent, nous sommes dans la diversion. Si l’objectif n’a pas été atteint, pourquoi ne pas réviser le texte? Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que cette Constitution a déjà été changée ».
JMNK
