Révolution à l’IGF, le plan stratégique triennal 2026-2028 lance l’ère du contrôle systémique

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Une institution clé en pleine mutation

L’Inspection générale des finances (IGF), organe supérieur d’audit et de contrôle des finances publiques placé sous l’autorité directe du Président de la République, s’engage dans une transformation sans précédent. Dans une interview exclusive, l’Inspecteur général des finances – Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a présenté les grandes lignes du plan stratégique triennal 2026-2028, véritable feuille de route pour moderniser et renforcer l’efficacité du contrôle des finances publiques.

Les limites des méthodes traditionnelles

Jusqu’ici, l’IGF s’appuyait sur trois types de contrôle : a priori, a posteriori et concomitant. Mais ces approches, jugées ponctuelles et coûteuses, peinent à garantir une surveillance durable. Christophe Bitasimwa reconnaît que le manque de digitalisation, l’absence de base de données et la dépendance aux informations fournies par les entités contrôlées réduisent considérablement la portée des interventions.

Le contrôle systémique : un changement de paradigme

Face à ces défis, l’IGF introduit une innovation majeure : le contrôle systémique. Il ne s’agit plus de vérifier des actes isolés, mais de comprendre et maîtriser l’ensemble du système financier public en lien avec l’économie nationale.

« Les finances publiques sont issues de la richesse nationale. Sans contrôle des flux économiques, aucun contrôle efficace n’est possible », explique le Chef de service.

Ce nouveau modèle repose sur la collecte et l’analyse des données en amont, permettant d’anticiper les irrégularités plutôt que de les constater. L’ambition est claire : faire de l’IGF un véritable organe d’intelligence financière, capable de surveiller en temps réel les flux publics.

Un plan triennal pour une réforme progressive

Le plan stratégique 2026-2028 prévoit une mise en œuvre graduelle, à travers des projets pilotes et un renforcement des compétences, notamment numériques. L’objectif est d’atteindre la maturité du contrôle systémique d’ici 2028, tout en poursuivant les missions actuelles.

« Nous allons évoluer progressivement, en améliorant nos méthodes jusqu’à leur pleine efficacité », précise Christophe Bitasimwa.

Il rappelle que l’IGF demeure un organe de contrôle externe, intervenant ponctuellement, en complémentarité avec les services d’audit interne des institutions. Cette articulation est jugée essentielle pour garantir une surveillance continue et efficace.

Vers une nouvelle gouvernance publique

Au-delà de son rôle traditionnel de vérificateur, l’IGF entend désormais devenir un acteur stratégique de la gouvernance publique. En misant sur la technologie, l’analyse des données et l’anticipation des risques, elle veut renforcer durablement la transparence et l’efficacité dans la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo.

Le plan stratégique triennal 2026-2028 s’impose ainsi comme le socle d’une véritable révolution dans le contrôle financier de l’État, ouvrant une nouvelle ère pour l’Inspection générale des finances.

 

Par Didier Mbongomingi

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