Du 26 au 28 octobre 2026, la capitale congolaise accueillera ministres, investisseurs, institutions financières et délégations africaines autour d’un enjeu devenu stratégique : faire des infrastructures et des corridors un levier de souveraineté, d’intégration régionale et de transformation économique.
Kinshasa s’apprête à devenir, pendant trois jours, le point de convergence des grands enjeux africains de transport, de logistique et d’investissement. Du 26 au 28 octobre 2026, le Hilton Hotel accueillera la troisième édition du RIF RDC – Transport Infrastructure & Logistics Investment Forum, une initiative du Think Tank RDC STRATÉGIE, organisée sous le haut patronage du Président de la République, Chef de l’État, et avec le parrainage institutionnel du ministère des Transports, Voies de communication et Désenclavement.
Cette édition se tiendra autour d’un thème particulièrement révélateur des nouveaux rapports de puissance sur le continent : « Corridors stratégiques, souveraineté logistique et intégration régionale : bâtir la puissance infrastructurelle de l’Afrique centrale ».
Le RIF 2026 entend ainsi dépasser la logique d’un simple salon sectoriel. Son ambition est de devenir une véritable plateforme régionale de dialogue entre décideurs publics, gouvernements, investisseurs, banques, fonds, institutions financières, entreprises de construction, opérateurs ferroviaires, portuaires et logistiques.

Plusieurs délégations gouvernementales et ministérielles africaines sont annoncées ou attendues, notamment en provenance du Congo-Brazzaville, du Gabon, de l’Angola, de la Zambie et de la Tanzanie, aux côtés des autorités de la République démocratique du Congo et de représentants d’institutions régionales et internationales.
Cette mobilisation traduit une réalité désormais incontournable : les infrastructures africaines ne peuvent plus être pensées uniquement à l’intérieur des frontières nationales.
Pour la RDC, pays au cœur de l’Afrique et frontalier de neuf États, la question des corridors devient stratégique. À l’ouest, le corridor de Lobito rapproche les bassins miniers congolais de l’Atlantique à travers l’Angola. Au sud, les connexions avec la Zambie structurent une partie essentielle des flux du Copperbelt. À l’est, les corridors vers la Tanzanie et l’océan Indien représentent une ouverture majeure vers les marchés internationaux. À l’ouest également, le rapprochement avec le Congo-Brazzaville remet au centre des discussions la connectivité entre les deux capitales et les grands projets d’intégration transfrontalière.
Dans un contexte mondial marqué par la compétition pour les minerais critiques, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et la diversification des routes commerciales, routes, rails, ports et plateformes logistiques sont devenus des instruments de puissance économique et géopolitique.
L’enjeu pour la RDC est donc considérable. Il ne s’agit plus seulement de construire davantage d’infrastructures, mais de déterminer comment elles seront financées, connectées, exploitées et intégrées dans une stratégie économique nationale et régionale.
C’est tout le sens de la notion de souveraineté logistique mise en avant par le RIF 2026.
Un corridor ne doit pas être uniquement une voie permettant d’évacuer plus rapidement des matières premières vers les marchés internationaux. Il doit devenir un véritable corridor de développement, capable de soutenir l’industrialisation, l’agriculture, les échanges intra-africains, les zones économiques, les villes intermédiaires et la création d’emplois.
Le Forum veut donc provoquer une rencontre essentielle : celle des projets et des capitaux. Car l’Afrique ne souffre pas uniquement d’un déficit de financement. Elle souffre également d’un manque de projets suffisamment préparés, de coordination entre États, d’harmonisation des politiques publiques et de continuité dans la réalisation des grandes infrastructures.
Un port performant sans connexion ferroviaire ou routière demeure incomplet. Un chemin de fer sans plateforme logistique perd une partie de sa compétitivité. Un corridor traversant plusieurs pays sans fluidité douanière reste fragmenté.
L’infrastructure doit désormais être pensée comme un système.
Du 26 au 28 octobre, Kinshasa entend donc poser une question centrale : l’Afrique centrale veut-elle simplement être traversée par les nouveaux corridors mondiaux ou veut-elle les utiliser pour construire sa propre puissance économique ?
Avec le RIF 2026, la RDC affiche une ambition : faire de sa position géographique non plus une contrainte, mais un avantage stratégique, et de Kinshasa un lieu où se dessine la nouvelle architecture des corridors africains.
Le Quotidien
