Sud-Kivu : Tension maximale sur le front militaire à Mwenga

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À Mwenga, l’ombre de la guerre n’est plus un lointain écho. Après les violents affrontements de Kasika, les combats ont glissé vers Kalambi, à quelques kilomètres seulement du centre. Entre les positions rivales, la population vit suspendue, la route nationale est paralysée, et la peur gagne chaque foyer.

 

La tension s’est installée comme un nuage épais au-dessus de Mwenga. Les troupes du M23 ont pris position à Kalambi, à peine à cinq kilomètres du centre, provoquant stupeur et inquiétude. « Nous avons entendu les premiers coups d’artillerie dès l’aube ; tout le monde a compris que la situation changeait », confie Apolinaire, commerçant du marché central.

 

En réaction, l’armée congolaise appuyée par les Wazalendo et l’armée burundaise a renforcé ses positions au pont Lwindi, verrou stratégique à l’entrée de la ville. Sur place, la nervosité est visible. « Nous tenons la ligne, mais l’ennemi est proche. Nous nous préparons à toute éventualité », affirme un officier FARDC, sur un ton ferme, même si la crainte se lit dans les regards.

 

Cette avancée rebelle a bloqué des dizaines de véhicules chargés de marchandises, coincés à Kalambi sur la RN2. Les chauffeurs dorment sous leurs camions, incapables d’avancer ou de rebrousser chemin. « Cela fait trois jours que je dors ici. On n’a ni sécurité ni garantie de sortir vivant », témoigne Patrick, conducteur venu de Bukavu.

 

Dans les quartiers de Mwenga, les familles vivent entre rumeurs et angoisses. Les écoles fonctionnent au ralenti, certaines ont fermé. « Mes enfants ne vont plus en classe. On ne sait pas ce qui peut arriver d’une minute à l’autre », raconte Maman Chantal, habitante de Mwenga centre. Le bruit des armes, même lointain, ravive la mémoire collective d’un territoire marqué par les cicatrices des conflits.

 

Dans ce climat de peur, certains appellent au calme et à la solidarité. « Nous devons protéger nos communautés et éviter la panique », lance un notable local, dénonçant l’abandon des populations qui vivent littéralement coincées entre deux lignes de front. Pendant ce temps, les habitants espèrent un sursaut politique pour stopper l’avancée des combats et éviter que Mwenga ne bascule dans une nouvelle tragédie humanitaire.

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