Il a été décidé de ne pas accueillir les nouveaux prisonniers tant que la situation carcérale ne s’est pas améliorée. Pour quiconque devra aller en prison, une identification au cas par cas sera faite pour privilégier les délinquants, les récidivistes et autres personnes dangereuses pour la communauté. De même, tout sera fait pour permettre aux personnes malades de bénéficier de l’assistance humanitaire. Aussi, il faut accélérer les libérations provisoires des détenus dans le but de désengorger les prisons.
« Point sur la gestion du secteur de la Justice en République démocratique du Congo», c’est le thème d’un Special Briefing Presse organisé le jeudi 22 octobre 2026 à 17h00 au Studio Maman Angebi de la RTNC, et qui a mis sur la même table le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko et le Ministre de la Communication et Médias, et Porte-Parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.
Dans son mot introductif, le ministre a expliqué, au sujet des conditions carcérales en Rdc, comment il a été sur terrain pour évaluer les conditions de détention dans le Kongo Central (Madimba, Mbanza-Ngungu, Matadi et Boma). Et ce, avant de noter que notre justice est confrontée à plusieurs défis.
Il s’agit d’abord de la perception de nos citoyens qui ont l’impression que la justice n’est pas bien rendue. Mais aussi, ils fustigent les frais de justice qui les empêchent d’accéder à la justice.
Le MINETAT cite aussi le nombre de plus en plus élevé des cas des spoliations et des conflits fonciers. A l’en croire, 85% des litiges en justice sont fonciers. A Mbanza Ngungu et Matadi, il y a la surpopulation. Les fonds destinés aux subventions de ces prisons arrivent en retard.
« J’ai dialogué avec les prisonniers qui ont fustigé le problème de casiers. Les gens dorment superposés. Sur 214 prisons, 116 sont subventionnés et 24 non subventionnées. Partout, la préoccupation majeure, c’est la surpopulation. 52.000 prisonniers sur toute l’étendue du territoire national, dont 50.000 hommes, 1476 femmes. La majorité sont des prévenus, soit des cités et des inculpés. On n’a pas beaucoup de prisons militaires et ce que nous avons sont saturées. Nous avons 5683 condamnés sur l’ensemble du territoire, sans oublier 127 femmes enceintes », détaille-t-il.
Au sujet de la faible capacité de nos établissements pénitentiaire, le ministre a rappelé que nombreuses sont des prisons qui ont été construits avant l’indépendance. Certaines maisons d’arrêt ont été érigées en prison. Il est aussi noté la lenteur des procédures judiciaires. « Notre système ne permet pas des mesures alternatives, à part l’amende. Nous pensons qu’avec la convention à signer avec le Service National, cela apportera une autre réponse », estime-t-il.
Et le ministre de citer l’insuffisance des magistrats dans certains endroits, empêchant alors de rapprocher la justice des justiciables.
Sinon, comment nourrir 16.000 personnes un budget réservé pour nourrir 8.000 personnes ? Sur le plan médical, constate-t-il, il y a la résurgence de plusieurs maladies. Il y a beaucoup de malades mentaux à Makala. « Sont là des questions qui ́nécessitent une réponse claire du gouvernement. Nous devons changer notre doctrine en matière de prison. La prison est comprise doit être comprise comme un lieu de rééducation et non de punition.
Il a donné l’exemple de la Chine, qui a érigé des prisons écoles pour qu’à la sortie des prisonniers, qu’ils puissent servir la communauté.
Soulignons qu’en raison de la surpopulation, il n’y aura pas de nouvelles admissions en prison, sauf les cas qui se justifient (dangerosité de la personne). La détention a toujours été une exception et la liberté, la règle. Actuellement, dit-il, il est difficile de transférer les prisonniers d’une prison à l’autre. Toutes ces prisons ont été construites avant l’indépendance, il faut les réadapter et augmenter la capacité d’accueil.
JMNK
