Tribune libre, Che Guevara en RDC : Le rêve d’une libération inachevée
Cent moins deux. Ça fait quatre-vingt-dix-huit. Ce 14 Juin 2026, le Grand Révolutionnaire Internationaliste Ernesto Rafael Guevara De la Serna dit « Che », natif de Rosario en Argentine, totaliserait 98 ans s’il était encore en vie. L’une des pièces maîtresses de la Révolution cubaine, le Commandant Che, a consacré toute sa vie jusqu’à sa mort consécutive à une exécution ordonnée par la CIA à La Higuera en Bolivie le 9 Octobre 1967, au rayonnement du socialisme dans le monde.
Fin stratège militaire doublé de marxiste-léniniste hors-pair, l’Argentin Ernesto Che Guevara symbolise la lutte contre la pauvreté, les inégalités, les injustices, la domination, l’exploitation de l’homme, le pillage, l’ingérence étrangère, etc…
Incomparable anti-impérialiste, Che Guevara a dû abandonner ses charges politiques et étatiques au Cuba pour se mettre au service de la libération d’autres pays, entre autres, de la République Démocratique du Congo, ancienne colonie belge considérée, à juste titre, comme le réservoir des ressources naturelles pour l’impérialisme international.
De la Conférence de Berlin de 1885 sur le partage des colonies à ce jour, la République Démocratique du Congo a été transformée en propriété privée du capitalisme prédateur. Toutes ses ressources naturelles sont éhontement exploitées pour contribuer à la prospérité des puissances impérialistes. Elles enrichissent sans vergogne les métropoles au dépens des populations indigènes dont la misère et la pauvreté crèvent l’écran.
L’éclaircie de courte durée apparue en 1958 à la suite de la Conférence d’Accra où l’anticolonialiste congolais Patrice-Emery Lumumba rencontra les Kwame Nkrumah, Ben Bella, Ahmed Sekou Touré, Modibo Keita, fut éteinte trois ans plus tard en janvier 1961 avec l’ignoble assassinat du leader du MNC/Lumumba. Ce barbare acte bouleversa la communauté progressiste mondiale.
L’élimination physique de Patrice-Emery Lumumba en 1961 fit une véritable onde de choc au point d’émouvoir le lointain Cuba et secoua vigoureusement le coeur du Camarade Che Guevara. En avril 1965, il débarqua, avec sa caravane révolutionnaire, à Hewa Bora dans le Kivu montagneux en République Démocratique du Congo, où le lumumbiste Laurent Désiré qui deviendra, 35 ans plus tard, le troisième Président congolais, dirigeait une rébellion d’essence marxiste-léniniste.
Amoureux de la République Démocratique du Congo, le Révolutionnaire argentin qui avait manifesté son attachement à notre pays lors de son discours historique à la tribune des Nations-Unies, le 11 décembre 1964, au cours duquel il condamna vigoureusement l’assassinat de Patrice-Emery Lumumba et la violation des droits du peuple congolais en toute impunité à cause des richesses incommensurables du pays, décida de descentre sur le terrain en République Démocratique du Congo pour bouter dehors l’impérialisme.
Ainsi, au cours de sa tournée africaine, Ernesto Che Guevara rencontra, à l’étape de Dar-Es-Salaam en Tanzanie, Laurent Kabila, l’un des fidèles lieutenants de Lumumba. Celui-ci l’impressionna. Sans une moindre hésitation, Che Guevara lui fournit de l’aide militaire, y compris les hommes. En sept mois, il écuma les terres congolaises du Kivu.
Dans le maquis, l’hôte de Laurent Kabila fut bouleversé. Il trouva une situation à laquelle il ne s’attendait pas. La désorganisation battait son plein. Certains combattants lumumbistes refusaient d’obtempérer à ses ordres et de collaborer avec lui; d’autres mal formés étaient indisciplinés.
Au contact de ces bouleversantes réalités congolaises, le Commandant Che Guevara fit un constat amer résumé par ces mots : « indiscipline, désordre, ignorance des règles les élémentaires du combat, absence de combativité sur le champ de bataille, carence d’autorité dans le chef des commandants des troupes ». À cela, il faut ajouter l’esprit superstitueux des hommes de Kabila et les rivalités ethniques et locales, mieux le tribalisme qui gangrène toujours le pays entier.
Du passage du Révolutionnaire Che Guevara à ce jour, l’impression qui se dégage est que la libération de la République Démocratique du Congo est une oeuvre titanesque. Donc c’est une oeuvre inachevée. En conséquence, l’exploitation des ressources naturelles s’est aggravée à cause des prédateurs de tous bords. L’impérialisme se frotte les mains pour de plantureux profits réalisés. Tandis que les populations congolaises vivent toujours dans la misère noire.
Les laquais congolais de l’impérialisme éparpillés de part et d’autre du microcosme politique national demeurent éternellement impassibles face aux dégâts de leurs maîtres. Ils en sont complices.
Dans l’entremps, les aspirations de souveraineté, de justice sociale et de développement portées par certains mouvements révolutionnaires n’ont pas été pleinement réalisées, et que de nombreux défis persistent encore aujourd’hui. Malheureusementt, certaines organisations et mouvements congolais ne sont de gauche que de nom.
D’où le travail de renaissance de la gauche congolaise entrepris depuis quelques années par l’Union des Démocrates Socialistes, UDS. Car, notre parti anti-impérialiste est à l’oeuvre pour le réveil du mouvement progressiste congolais. Contre vents et marées.
Camarade Ernesto Che Guevara, tu as honoré le peuple congolais. Les révolutionnaires congolais ne t’oublieront jamais!
Crispin KABASELE TSHIMANGA BABANYA KABUDI
Président National de l’UDS
Coordinateur Régional de Sovintern Afrique
