République du Congo : Pourquoi l’inauguration du Franprix de Brazzaville est bien plus qu’une simple ouverture commerciale
La récente inauguration du Supermarché Franprix à Brazzaville, en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso et de plusieurs membres du Gouvernement, a suscité une vague de critiques acerbes et de moqueries sur les réseaux sociaux. Certains ont réduit cet événement à un simple coup de communication, assimilant la démarche à une promotion banale d’un commerce ordinaire. Or, cette lecture réductrice témoigne d’une méconnaissance profonde des enjeux liés à l’investissement et au développement économique national.
Démystifier le rôle clé de l’investissement étranger dans la croissance économique
D’abord, il faut rappeler une vérité fondamentale : aucun pays ne s’est développé en rejetant les investisseurs étrangers. Au contraire, les économies les plus puissantes ont bâti leur succès sur la confiance qu’elles ont su instaurer avec ces acteurs, nationaux comme internationaux. Loin d’être antagoniste au développement local, l’investissement étranger en est un levier indispensable.

L’ouverture d’un supermarché moderne tel que Franprix dépasse largement la simple opération commerciale. Il s’agit d’un investissement majeur qui génère des emplois directs et indirects, stimule des filières d’approvisionnement et apporte des recettes fiscales précieuses. Ce type d’implantation constitue un signal fort adressé à la communauté des affaires : la République du Congo affirme son attractivité et son climat favorable aux capitaux, un facteur crucial pour dynamiser son économie.
Un soutien équilibré aux entrepreneurs locaux et aux investisseurs étrangers
Une autre idée fausse largement répandue est celle d’une prétendue préférence de l’État congolais pour les investisseurs étrangers au détriment des opérateurs locaux. La réalité est bien différente. Face aux chocs économiques successifs provoqués par la pandémie de COVID-19 puis les répercussions du conflit russo-ukrainien, le Gouvernement n’a cessé d’apporter son soutien aux entreprises nationales. Par exemple, la réduction des coûts d’importation sur certains produits essentiels et le maintien d’un prix subventionné pour la farine visent à préserver le pouvoir d’achat des citoyens tout en assurant la pérennité des activités locales. Soutenir l’investissement étranger ne signifie donc pas abandonner les investisseurs congolais ; au contraire, les deux sont les piliers complémentaires d’une économie équilibrée et résiliente.
Présence du Premier ministre : un engagement politique fort

La venue du Premier ministre et de son équipe lors de cette inauguration symbolise l’engagement ferme de l’État en faveur du développement économique inclusif. En envoyant un message clair aux investisseurs potentiels : « Vous n’êtes pas seuls », le gouvernement insiste sur la stabilité institutionnelle, la sécurité juridique et l’accompagnement actif comme éléments essentiels pour attirer durablement des capitaux. Ces garanties jouent un rôle décisif dans les décisions d’investissement à long terme.
Diversifier l’économie congolaise au-delà des ressources naturelles
Il est par ailleurs essentiel de souligner que l’économie congolaise ne doit pas se limiter à ses secteurs traditionnels, tels que le pétrole ou les minerais. Le commerce moderne, la distribution, l’agro-industrie, la logistique, ou encore le numérique représentent autant de leviers indispensables pour diversifier l’économie nationale. L’installation d’une enseigne internationale renommée contribue ainsi à enrichir cette diversité et à préparer le pays aux défis des économies émergentes.
Valorisation et montée en compétences des producteurs locaux
Au-delà de ses fonctions commerciales, Franprix joue un rôle majeur dans la valorisation de la production locale. En intégrant dans ses rayons les produits issus de l’agriculture et de la transformation congolaise, il offre aux producteurs des débouchés stables et durables, condition sine qua non pour stimuler leurs rendements et sécuriser leurs revenus. Cette demande accrue incite également à de nouveaux investissements dans les filières agroalimentaires nationales.

Par ailleurs, la nécessité de satisfaire aux normes internationales en matière de qualité, conditionnement, traçabilité et conservation oblige les producteurs locaux à améliorer leurs standards. Ce processus s’apparente à un transfert précieux de compétences qui augmente la compétitivité congolaise sur les marchés régionaux et internationaux – un atout stratégique pour un développement économique endogène.
Une réalité tangible pour la jeunesse congolaise
Enfin, derrière les images officielles de l’inauguration, c’est une réalité sociale importante qui se dessine : la création d’emplois pour des dizaines de jeunes Congolais, souvent confrontés à des difficultés d’insertion professionnelle. Au-delà de l’image symbolique, chaque poste représente une opportunité concrète de participer activement à l’économie, source d’autonomie et de dignité.
Conclusion : investir au Congo, un pari sur l’avenir partagé
La polémique autour de la visite gouvernementale à l’ouverture de Franprix révèle surtout un malentendu profond entre commerce et investissement. Loin d’être une simple affaire commerciale, cet événement incarne une dynamique essentielle pour le développement économique et social du Congo. En combinant ouverture à l’investissement étranger, soutien aux entreprises nationales, promotion de la diversification économique et valorisation des filières locales, la République du Congo trace une voie ambitieuse et réaliste vers la croissance inclusive. Il appartient désormais aux électeurs de comprendre ces enjeux au-delà des apparences, pour soutenir un projet de société tourné vers l’avenir.
Par Roch BOUKA correspondant à Brazzaville.
