Walungu : 10 cas de décès enregistrés dans des chambres de prière en six mois (Société civile)

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Depuis le début de l’année 2025, le groupement de Burhale, niché au cœur du territoire de Walungu au Sud-Kivu, a été le théâtre d’une série de tragédies qui soulèvent des inquiétudes majeures. En effet, dix décès survenus dans des chambres de prière et chez des tradi-praticiens ont été enregistrés, un fait alarmant dénoncé par la société civile locale.

La situation est alarmante, et la précarité de la vie dans cette région sensible est en grande partie responsable de cette tragédie. Les conflits armés persistants ont engendré un déplacement massif de population, laissant de nombreuses personnes dans un état de vulnérabilité extrême. Dans ce contexte, les chambres de prière et les tradi-praticiens émergent comme des figures de secours pour ceux qui cherchent désespérément des solutions à leurs maux, qu’ils soient physiques ou psychologiques. Malheureusement, cette quête de réhabilitation s’avère parfois fatale.

Joseph Babwine, le président de la société civile de Burhale, a récemment partagé ses réflexions sur cette crise lors d’un entretien téléphonique. Il a souligné que la montée en puissance des tradi-praticiens et des chambres de prière n’est pas simplement le résultat d’une recherche de spiritualité, mais, plus profondément, le reflet d’un système de santé formel défaillant. « Face à l’absence de soins médicaux accessibles et de soutien psychologique, beaucoup sont poussés à rechercher des solutions rapides et des promesses de guérison, parfois dans des conditions qui frisent le risque mortel, » a-t-il déclaré.

Cette tendance s’accompagne d’une inquiétude croissante quant aux pratiques irrégulières et parfois dangereuses des tradi-praticiens. Dans une société où la méfiance envers les institutions médicales est omniprésente, les individus se tournent vers des alternatives qui, pourtant, peuvent s’avérer périlleuses. Les témoignages de souffrances et d’erreurs tragiques se multiplient, et la société civile s’efforce de mettre en lumière ces réalités pour inciter à une prise de conscience collective.

Face à une telle réalité, il est impératif que l’État et les organisations humanitaires prennent des mesures concrètes pour améliorer l’accès aux soins de santé et aux services de soutien psychologique. Des programmes destinés à sensibiliser la population aux dangers potentiels des pratiques non régulées sont également nécessaires. Joseph Babwine a appelé à une collaboration entre les autorités locales et les organisations de santé pour apporter des solutions durables qui répondent aux besoins urgents des populations vulnérables.

Alors que le Sud-Kivu fait face à des défis de taille, il est essentiel que la voix de ceux qui souffrent soit écoutée. La conversation sur la santé publique doit inclure tous les acteurs, y compris les tradi-praticiens, afin de construire un système de soins plus résilient et inclusif. La lutte pour la vie dans ces paysages de souffrance et d’espoir doit continuer, car derrière chaque chiffre se cache une histoire, une personne, un être humain, qui aspire à un monde meilleur.

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