L’UDPS appelée à se mettre en ordre de bataille : A. Kabuya, T. Bizibu et T. Kabongo sur les starting-blocks

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Parti au pouvoir depuis janvier 2019, l’UDPS est appelée à se mettre en ordre de bataille pour aborder l’avenir avec en toile de fond les échéances électorales de 2028. Bien avant, il y a d’autres épreuves à surmonter, notamment garder le cap actuel pour faire face à l’éventualité de la tenue d’un dialogue politique réclamé à cor et à cri par l’opposition avec le soutien ferme de la coalition CENCO-ECC et vaincre les résistances pour arriver, d’une manière ou d’une autre, à secouer le cocotier qu’est la Constitution. Le prestige et la popularité du président de la République, ainsi que les alliances tissées au travers de l’Union Sacrée de la Nation sont sans doute des atouts, mais il faudrait en plus refaire ou solidifier l’armature principale du pouvoir, en l’occurrence l’UDPS, en vue de lui doter le dynamisme nécessaire pour gagner le pari. Mais avec qui gagner ce défi ?

 

En survolant le parti, jusque-là, trois personnalités sont sur les starting-blocks, attendant que le coup d’envoi soit donné pour cette course de fond. Il s’agit d’Augustin Kabuya, secrétaire général assumant l’intérim président du parti et également député national, Deogracias Bizibu Balola, secrétaire général adjoint et conseiller à la Présidence de la République, et Taupin Kabongo Mukengeshayi, actuel questeur du Sénat et ancien membre de la Cellule UDPS de Leuven en Belgique. Il fut secrétaire particulier du président de la République à son accession au pouvoir en 2019. C’est au congrès du parti prévu initialement prévu du 10 au 14 décembre 2025 chargée de donner un new-look à cette formation politique quarantenaire avec à la clé les nouveaux statuts que les précités – peut-être que la liste pouvait être allongée chemin faisant – devaient convaincre les participants pour se voir investis d’un mandat.

Mais, ledit congrès est reporté sine die en raison, notamment de la mise en œuvre des conditions logistiques nécessaires devant garantir la participation effective de tous les délégués statutaires, tant de l’intérieur que de l’extérieur, de la situation sécuritaire du pays dans sa partie orientale, et de l’obligation de soumettre en priorité les travaux réalisés à l’autorité politique de référence du parti conformément aux usages et coutumes en la matière. C’est la substance du communiqué officiel lu le 14 décembre 2025 par Joseph Kasonga Mukuta, président de la Commission de rédaction des nouveaux statuts, signé conjointement avec Rémy Masamba, président de la Commission technique en charge des préparatifs du Congrès.

En attendant sans doute le go de l’autorité de référence du parti qui se trouve être le président de la République, celui-ci avait recommandé au secrétaire général et à son adjoint, qui était dans la dissidence, de se mettre ensemble, de regarder dans la même direction pour gérer le parti. Se mettre ensemble voulait vraisemblablement dire que les deux antagonistes devaient désormais élire domicile au siège du parti, sise Limete 11ème rue. Est-ce cela est effectif ? C’est une autre paire de manche.

Quels sont les atouts de chacun de ce trio ?

Augustin Kabuya n’est plus à présenter. Son adhésion à l’Udps remonte au déluge. C’est le gardien du temple actuellement après le départ du président du parti pour assumer les fonctions de président de la République et l’auto exclusion de Jean-Marc Kabund. Il a tenu les rênes du parti lors de la campagne électorale qui a conduit au deuxième mandat du président Félix Antoine Tshiskedi Tshilombo. Il continue à piloter ce parti. Il connaît les rouages, les coins et recoins de l’UDPS. Au rythme des matinées politiques régulières, il garde éveillés les militantes et militants pour avoir toujours le pied à l’étrier. Il est député national (élu de Kinshasa) de la législature en cours.

Deogracias Bizibu Balola n’est pas lui aussi tombé de la dernière pluie. Son adhésion à l’UDPS remonterait de 1989 quand il était étudiant à l’UNIKIN. C’est donc 37 ans de fidélité sans transhumance politique. Il est désigné secrétaire général adjoint en remplacement de son corégionnaire Likindo nommé autrefois ministre dans le gouvernement national. Candidat député national malheureux en 2011, il est présentement conseiller à la présidence de la République.

Taupin Kabongo Mukengeshayi apparaît tel un outsider. En réalité, il ne l’est pas. C’est un compagnon de lutte du président de la République de depuis toujours. C’est le président Félix Tshisekedi lui-même qui l’a attesté lors du congrès extraordinaire du parti tenu en 2018 pour l’investir en tant que candidat président de la République. S’adressant en son temps à son auditoire, il avait demandé qu’il soit élu pas en tant que fils d’Etienne Tshisekedi, mais plutôt parce qu’il était le leur. Il a vu naître la maison UDPS, il a souffert en même temps que ses fondateurs et que sa souffrance a commencé même avant la création du parti. En effet, lorsque les 13 parlementaires ont secoué la dictature de l’époque, il a été amené, ainsi que ses frères, à partir en exil en Europe. Et de là, à partir de 1993, avec certains amis, dont certains présents dans la salle, en l’occurrence Taupin Kabongo et José Kalala, ainsi que Jean-Michel Mufuta, ils ont créé la Cellule UDPS de Leuven, en Belgique. Restés fidèles et constants dans le combat, ceux-ci avaient accepté de le porter de le porter à la tête de cette structure qu’il a eu à diriger brillamment. Ce qui lui permit d’accéder à la Fédération UDPS Benelux ou il est resté pendant 12 ans avant d’être appelé au niveau national comme secrétaire national adjoint aux Relations extérieures avec comme titulaire Alexis Mutanda auprès de qui il a beaucoup appris. Et lorsque ce dernier est devenu secrétaire général, il lui a permis de devenir titulaire de ce département. Fort ainsi de ce parcours, il se sentait suffisamment apte à porter les espoirs des combattantes et combattants de l’UDPS pour la magistrature suprême.

Donc, les trois prétendants à la direction de l’UDPS sont les enfants-maison. Il leur appartient de faire valoir leur génie au congrès en suspens présentement pour que l’un ou l’autre bénéficie de la confiance de leurs pairs. Mais, avec ce qui se dessine en perspective sur le plan national, le temps urge pour la tenue de ces assises. L’UDPS est appelée à se mettre déjà en ordre de bataille. Les échéances à venir ne sont pas un jeu d’enfants. Il faut être vertébré.

 

Moïse Musangana

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