Plaidoirie pour la restauration de la démocratie en RDC ( Par Théophile Mbemba Fundu, président national de AAP)

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De 1960 à 1990, 16 révisions constitutionnelles et 3 changements de Constitution, non pas apporter un avenir meilleur au peuple congolais.

En décembre 1980, 13 parlementaires du parti unique ont adressé au Président une lettre ouverte pour l’instauration d’un État de droit souverain et démocratique, conformément à l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1967. Avec la pression politique, la révision constitutionnelle de 1990 a instauré le multipartisme intégral.

Cette ouverture n’a pas épargné la répression du 16 février 1992 avec morts d’hommes sur des manifestants mobilisés sous le leadership de feu Étienne Tshisekedi pour la tenue de la Conférence Nationale Souveraine.

Nommé Premier ministre en 1991, Étienne Tshisekedi fut révoqué à cause de la Constitution.

Feu Mungul Diaka, nommé Premier ministre pour le remplacer, a forme un gouvernement, me nommant ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et de la Recherche Scientifique. J’ai renoncé à ce poste pour soutenir le changement et leader de l’opposition radicale.

Élu Premier ministre à la Conférence Nationale Souveraine en août 1992, Étienne Tshisekedi forma un gouvernement de 21 ministres, le nommant ministre de la Recherche Scientifique et Technologique.

Révoqué trois mois plus tard, ce gouvernement laissa place à une crise multiforme, et au déclenchement de la guerre de libération de l’AFDL, soutenue par l’USOR et alliés, qui mit fin à la dictature le 17 mai 1997. La République du Zaïre revint République Démocratique du Congo, et le franc congolais comme sa monnaie nationale.

La vision de Mzee Laurent-Désiré Kabila — défendre les intérêts du peuple et ne jamais trahir le Congo — fut mise à l’épreuve par la guerre d’agression du 2 août 1998, menée par le RCD et le MLC, soutenus par le Rwanda et l’Ouganda, au point d’en arriver au sacrifice suprême de Mzee Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001.

Comme gouverneur de la ville de Kinshasa, j’ai vu la population de Tshangu et de Lukunga, se mobiliser les 26 et 27 août 1998, pour soutenir les Forces Armées de la RDC. dirigées par le Général-Major Joseph Kabila Kabange, alors Chef d’État-Major Général, et chasser les rebelles.

Arrivé au pouvoir, le Président Joseph Kabila a privilégié la paix et le dialogue. L’Accord Global et Inclusif de Sun City du 2 décembre 2002, signé aussi par les acteurs aujourd’hui au pouvoir, fut le « Pacte Républicain » qui a posé les bases de notre démocratie actuelle et de la Constitution de 2006 en vigueur, et dont le strict respect était réclamé par de violentes manifestations en septembre 2016 par l’opposition dont l’Udps, aujourd’hui au pouvoir.

Reconnaissons que le Président honoraire Joseph Kabila a respecté ce pacte républicain avec l’organisation de trois cycles électoraux, et de la première alternance pacifique en 2018. Il revenait à ses successeurs d’entreprendre les réformes nécessaires pour enraciner la démocratie, assurer la sécurité, la paix et préserver les acquis du pacte républicain.

À ce jour, près de 18 révisions constitutionnelles et trois changements de Constitution, menés par d’éminents juristes congolais, n’ont ni amélioré la gouvernance, ni redressé la situation socio-économique, ni réduit la pauvreté.

Vouloir changer la Constitution en touchant l’article 220 verrouillé, est un projet dangereux. Si la guerre à l’Est empêche la tenue des élections en 2028, elle rend également impossible l’organisation d’un référendum. La réunification et l’inclusion des populations du Nord et du Sud-Kivu, sont prioritaires.

Sans une gouvernance fondée sur la méritocratie, la promotion des valeurs républicaines et le respect de la Constitution, aucune révision ni aucun changement constitutionnel favorisera l’unité nationale, un meilleur vivre-ensemble, et le progrès en RDC.

Face à cette crise multiforme, la tenue d’un dialogue inclusif inter congolais est la voie pacifique pour restaurer la Démocratie.

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