CAN Féminine 2026 : Les « Rising Starlets » prennent le pouvoir au Kenya  

Elles devaient incarner l’avenir, elles dictent déjà le présent. Lorsque la sélection kényane des moins de 17 ans décroche son billet pour la Coupe du Monde U-17 en République dominicaine, le pays salue un exploit inédit. Pour la première fois de son histoire, le Kenya place une équipe de football – hommes et femmes confondus – dans un tournoi de la FIFA. Mais au-delà des larmes de joie et des unes de journaux, ce pass mondial était surtout l’acte de naissance d’un projet XXL.

 

Deux ans plus tard, la greffe a pris à une vitesse folle. Cette génération dorée a hacké le temps puisque plusieurs cadres de l’épopée de 2024 ont été directement propulsées chez les A, les Harambee Starlets. Grâce à cet apport capital, le Kenya vient de composter son billet pour la CAN 2026 au Maroc, dix ans après sa toute dernière apparition dans la compétition continentale.

 

 

 

Génération crack

 

Au cœur de cette transition express, on retrouve une gamine entrée dans l’histoire : Valerie Nekesa, première buteuse kényane dans un Mondial FIFA. Derrière elle, la meute suit à grandes enjambées. L’ancienne capitaine des U-17 Elizabeth Ochaka s’est déjà installée dans le onze de départ de la sélectionneuse Beldine Odemba, tandis que la défenseure Lorine Ilavonga et les attaquantes Lorna Faith, Marion Serenge et Pearl Olesi apportent un vent de fraîcheur et un culot monstre sur le front de l’attaque.

 

« Je suis tellement fière de voir la majorité de mes filles chez les grandes. C’est la validation de tout notre travail à la base et de la passerelle que nous avons construite », savoure Mildred Cheche, la technicienne à l’origine du miracle U-17, auprès de la CAF.

 

Cette réussite ne doit absolument rien au hasard. Au Kenya, on a arrêté de travailler en silos et la fédération a misé sur la continuité. Mildred Cheche est en effet l’adjointe de l’équipe U20 dirigée par Jackline Juma, qui s’avère elle-même être l’adjointe de Beldine Odemba chez les seniors. Cet organigramme en poupées russes fluidifie le scouting, facilite le suivi des joueuses et accélère grandement le mimétisme tactique d’une catégorie à l’autre.

 

 

 

« Elles ne sont pas là pour faire le nombre »

 

Pendant des décennies, le football kényan a vu ses pépites se dissoudre dans la nature au moment de franchir le cap des seniors, faute de structure. Ce plafond de verre a désormais volé en éclats car les jeunes ne subissent pas la pression mais la transmettent, installant une concurrence extrêmement saine qui rehausse le niveau global des entraînements chez les A.

 

La sélectionneuse Beldine Odemba tranche d’ailleurs très clairement le débat en affirmant que ces joueuses ne sont pas là pour faire le nombre ou ramasser les ballons, mais qu’elles postulent pour une place de titulaire. Elle ajoute qu’avoir cinq joueuses de cette Coupe du Monde déjà intégrées et performantes chez les grandes reste un exploit exceptionnel.

 

Valerie Nekesa, dont le but avait offert un succès mémorable contre le Mexique en République dominicaine, confirme ce changement de braquet en expliquant que le Mondial les a libérées et leur a permis de montrer leur vraie valeur. Elle sait toutefois que le plus dur commence chez les A, où il faudra être régulière et bosser deux fois plus. Même son de cloche pour Marion Serenge, qui s’exporte déjà dans le relevé championnat tanzanien et estime que ce Mondial leur a ouvert toutes les portes.

 

 

 

Cap sur le Maroc… et le Mondial A

 

À l’approche de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations 2026 au Maroc, le Kenya a totalement changé de logiciel et participer ne suffit plus à son bonheur. Pour ces joueuses qui ont goûté aux joutes mondiales à l’adolescence, l’ambition est devenue XXL avec l’objectif assumé de qualifier les seniors pour la Coupe du monde.

 

Valerie Nekesa prévient que l’équipe va se battre pour réécrire l’histoire car toutes les joueuses savent désormais ce que cela fait de disputer un Mondial. C’est un optimisme partagé par la coach Mildred Cheche, qui rappelle que si elles l’ont fait avec les U-17, les seniors en sont tout autant capables.

 

En investissant massivement sur sa jeunesse, le Kenya s’est offert un formidable raccourci vers les sommets du football africain. Les Rising Starlets d’hier sont devenues les patronnes d’aujourd’hui, bien décidées à bousculer la hiérarchie marocaine.

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