Selon une annonce du Comité du tarif douanier du Conseil des Affaires d’Etat, du 1er mai 2026 au 30 avril 2028, la Chine accorde un tarif douanier nul, sous la forme d’un taux préférentiel, à 20 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle et qui ne sont pas classés parmi les pays moins avancés (PMA). Cette mesure porte à 53 le nombre total d’Etats africains avec lesquels la Chine entretient des relations diplomatiques et qui bénéficient désormais d’une exonération totale des droits de douane. La RDC qui a déjà listé beaucoup de produits exportables, est en train de peaufiner les stratégies pour profiter au maximum de cet avantage accordé par le président chinois Xi Jinping.
Depuis le 1er décembre, la Chine a mis en place une nouvelle politique douanière pour accorder un traitement tarifaire nul sur 100% des produits en provenance des pays les moins développés ayant établi des relations diplomatiques avec elle, dont 33 pays africains, devenant ainsi le premier pays en développement et l’une des principales économies mondiales à adopter cette mesure.
Dans un contexte où le protectionnisme commercial fait des ravages dans le monde, cette politique de la Chine témoigne de son engagement continu en faveur d’une ouverture de haut niveau et de sa volonté de partager les dividendes de son développement avec les pays les moins développés, en particulier avec ceux en Afrique, pour avancer ensemble sur la voie de la modernisation.
C’est dans cette perspective qu’une délégation de l’Agence Nationale de Promotion des Exportations (ANAPEX) s’est entretenue, à Kisangani, dans la province de la Tshopo, avec deux grandes figures de la filière cacao. Cette rencontre avait pour objectif principal de préparer les activités à venir dans le cadre de la promotion des exportations agricoles.
Au cours des échanges, renseigne notre source, les producteurs ont exposé leurs réalités sur le terrain. Ils ont notamment évoqué les défis majeurs auxquels fait face la cacaoyère CABEN, l’une des plus grandes plantations du pays. Cette rencontre marque une étape importante dans la structuration de la filière cacao dans la région.
L’ANAPEX, qui n’est pas à son premier déplacement dans cette province, s’engage à jouer un rôle de facilitation auprès des bailleurs de fonds et des partenaires techniques pour débloquer les financements nécessaires à la modernisation des plantations. L’objectif affiché est clair : faire de la Tshopo un pôle d’excellence pour la production et l’exportation du cacao et du piment congolais, en phase avec les ambitions nationales de la Stratégie de promotion des exportations et diversification des marchés (SPED.)
Stimuler la coopération industrielle à travers le commerce à grande échelle
Signalons que lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, qui s’est déroulé début septembre, la Chine a décidé d’élargir de sa propre initiative et de façon unilatérale l’ouverture de son marché et d’accorder un traitement tarifaire nul à 100% des produits exportés vers la Chine par les pays les moins avancés ayant avec elle des relations diplomatiques, dont 33 pays africains.
Cette décision constitue l’une des « dix actions de partenariat » pour promouvoir la modernisation de la Chine et de l’Afrique, renforçant ainsi la communauté d’avenir partagé Chine-Afrique, a expliqué Yang Baorong, de l’Institut des études sur l’Asie occidentale et l’Afrique de l’Académie des sciences sociales de Chine.
Cette mesure majeure vise à stimuler la coopération industrielle à travers le commerce à grande échelle, à améliorer la qualité de la coopération sino-africaine et à encourager davantage de pays du Sud à participer au processus de la modernisation, a-t-il souligné.
La Chine applique depuis de nombreuses années des politiques de préférences tarifaires pour les produits agricoles en provenance d’Afrique. En 2005, la Chine a commencé à accorder un traitement tarifaire nul à 190 catégories de produits issus de 28 pays africains parmi les moins avancés, et ces politiques ont été progressivement étendues depuis. Ces mesures ont permis de réduire les coûts des produits africains, d’améliorer leur compétitivité et de contribuer à la réduction de la pauvreté dans la région.
Grâce à ces politiques préférentielles, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ne cessent de se renforcer, et de plus en plus de produits agricoles africains accèdent au marché chinois.
La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 15 années consécutives et la deuxième plus grande destination des exportations agricoles africaines.
Selon les statistiques des douanes chinoises, la valeur des importations de produits agricoles africains en Chine a atteint 28,47 milliards de yuans (environ quatre milliards de dollars) au cours des huit premiers mois de cette année, soit une croissance annuelle de 4,8%.
Selon Li Yincai, chercheur à l’Institut des études internationales de l’Académie des sciences sociales de Shanghai, la politique de traitement tarifaire nul aidera à réduire les écarts commerciaux entre la Chine et l’Afrique et jouera un rôle important dans l’intégration des chaînes industrielles et de la structure commerciale globale en Afrique.
« A long terme, les pays africains qui ne bénéficient pas encore de cette politique préférentielle pourront transférer leurs industries vers des pays bénéficiaires, ce qui favorisera l’intégration des chaînes de production au sein de la région », a-t-il ajouté.
Zhang Jianping, chercheur à l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique relevant du ministère du Commerce, a souligné que cette politique reflétait l’engagement de la Chine en tant que grand pays responsable. Elle favorisera l’entrée de plus de produits agricoles de qualité en Chine.
« La politique zéro tarif que nous accordons à ces pays les moins développés leur permet de partager le grand marché chinois et les opportunités de forte croissance, contribuant ainsi à leur développement commun », a-t-il conclu.
Le Quotidien
