La vengeance des parrains et la chute de Bunagana (John Ngombua)
La RDF lance des opérations contre les FARDC sur les deux de Chanzu et Runyonyi dans le Rutshuru. Elle subit d’énormes pertes en vies humaines et en matériel de guerre. Ce qui pousse le Rwanda a recentré les troupes, tout en sachant que dans le face -à-face, la RDF a moins de chance de gagner le front Chanzu bien tenu par les FARDC. Les FARDC vont concentrer toute l’attention et le peu de moyens dont elles disposent sur Chanzu et Runyonyi. La RDF revoit son plan de guerre et sollicite l’UPDF. Dans la deuxième phase des combats, les FARDC se retrouvent en position d’infériorité numérique sur l’ennemi lorsque la RDF et l’UPDF coalisent et appuyent les éléments du M23. La force coalisée parvient à couper la route au niveau de Tchengerero (Premidis).
Le 9 juin 2022, une réunion est tenue en Ouganda durant laquelle l’attaque de Bunagana est planifiée. L’information est répercutée au niveau du commandant secteur Sukola II qui la balaie d’un revers de la main. Le commandement secteur Sukola II FARDC n’accorde aucune attention à une pareille réunion. Il fait confiance à la mutualisation d’autant plus que l’UPDF annonce le lancement des travaux de construction de la route Bunagana-Rutshuru-Goma. Au 12 juin 2022, les FARDC ne disposent en tout et pour tout que de deux régiments aux effectifs déséquilibrés. Le Régiment 3412 avec 291 éléments, le Régiment 3307 avec près de 400 éléments, 1 peloton de 4 chats (16 personnes), 1 batterie d’artillerie et 1 compagnie de la Garde Républicaine pour garder les chars. Aussitôt que les trois forces sont en intelligence (RDF-UPDF-M23), il devient impossible pour les FARDC d’utiliser le terrain ougandais. Ce qui rend toute manœuvre défavorable aux FARDC. Les FARDC n’ont pas assez de stocks de munitions pour tenir longtemps le front. Les unités au front connaissent des difficultés de ravitaillement qui se fait en petite quantité, de temps en temps, avec possibilité de rupture.
Les tactiques de guerre de la RDF sont bien connues. Nous pouvons les résumer en cinq points.
D’abord, comme toute armée qui rêve des conquêtes, s’entraîner, toujours s’entraîner. De deux, à l’endroit où elle décide d’attaquer, elle encercle les points d’appui de l’ennemi et coupe les lignes de ravitaillement. Troisièmement, elle infiltre des armes et munitions portées par des civils dissimulées dans des véhicules incontrôlés et les stockent dans des points de rassemblement préalablement identifiés notamment des habitations des sympathisants. Quatrièmement, elle infiltre des soldats de nuit avec un équipement léger vers les points de rassemblement où ils s’arment et s’organisent pour attaquer l’ennemi dans le dos, par surprise. Cinquièmement, aucun mouvement des troupes ne se fait durant la journée. Tout se fait dès la tombée de la nuit. Avant d’attaquer la cité de Bunagana, la RDF avait bien observé et appliqué ces tactiques
[In Les rébellions rwandaises au Kivu (1996-2024), pges 144,145,146,147,148. Auteur Nicaise Kibelbel Oka. Editions Scribe]
