
La situation à Bukavu, marquée par l’occupation du M23, continue de susciter de vives inquiétudes, notamment dans le secteur de l’éducation. Contrairement aux écoles primaires et secondaires qui tentent de reprendre pied, les universités et instituts supérieurs de la ville restent, quant à eux, désespérément fermés. Un vide inquiétant, alors que les responsables académiques se retrouvent dans l’attente de discussions avec les nouvelles autorités de la ville, espérant des éclaircissements cruciaux pour envisager une reprise des activités académiques.
Le professeur Amisi Safari, secrétaire général académique à l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Bukavu, souligne l’importance d’une sécurité renforcée et d’un cadre stable pour autoriser le retour des cours. « Nous avons besoin de garanties de sécurité. Tant que ces conditions ne seront pas remplies, il sera difficile d’envisager une reprise normale », déclare-t-il, faisant écho à l’angoisse généralisée parmi les acteurs de l’éducation.
Cette inquiétude est partagée par Salomon Kizito, porte-parole des étudiants du Sud-Kivu, qui s’alarme des conséquences désastreuses de cette immobilité sur l’avenir académique et professionnel des jeunes. L’impossibilité de reprendre les études crée un contexte d’incertitude, accentuant une situation déjà préoccupante pour les étudiants qui aspirent à un avenir meilleur.
L’occupation militaire met en lumière la complexité de la vie quotidienne à Bukavu, où les parents sont de plus en plus réticents à envoyer leurs enfants à l’école. La peur, omniprésente, freine l’élan d’une jeunesse assoiffée de connaissances, et, dans ce climat de tension, le droit fondamental à l’éducation devient un véritable défi.
Aujourd’hui, l’incertitude demeure le maître mot. La réouverture des établissements d’enseignement supérieur dépendra de l’évolution de la situation sécuritaire. Les acteurs éducatifs, parents et étudiants font face à une réalité où l’apprentissage s’apparente à un jeu de roulette, engagé dans un pari risqué qui pourrait bien déterminer leur avenir.
Dans ce contexte, la voix de l’éducation doit se faire entendre, et l’espoir d’un retour à la normale dépendra d’un dialogue constructif entre les responsables académiques et les nouvelles autorités. Sans paix et stabilité, l’avenir éducatif des jeunes de Bukavu restera en pointillés, dans l’attente d’une éclaircie qui semble encore lointaine.