RDC-Ouganda : Entre diplomatie de bon voisinage et impératif de vigilance
Le Président Félix-Antoine Tshisekedi se rend ce lundi 11 mai à Kampala pour une visite de travail de haute importance. Si le renforcement de la coopération bilatérale à travers la signature de six protocoles d’accord (commerce, agriculture, immigration) est un signal positif pour l’intégration régionale, la realpolitik impose une lecture prudente de ce rapprochement.
L’enjeu du partenariat : Le pragmatisme avant tout
Le rapprochement avec Kampala répond à une nécessité géographique et sécuritaire. La gestion des frontières et la fluidité des échanges sont des leviers essentiels pour le développement de l’Est de la RDC. Cependant, dans cette partie de l’Afrique des Grands Lacs, les accords de papier ne valent que par leur exécution sur le terrain.
Le principe de « Confiance, mais vérification »
L’histoire récente nous enseigne que la diplomatie avec nos voisins de l’Est est un exercice d’équilibriste. Pour que ce partenariat soit réellement bénéfique aux Congolais, plusieurs conditions de vigilance s’imposent :
Réciprocité économique : Les accords commerciaux ne doivent pas transformer l’Est de la RDC en un simple marché de consommation pour l’industrie ougandaise, mais favoriser des échanges équitables.
Clarté sécuritaire : La coopération militaire et sécuritaire doit rester sous le contrôle d’objectifs communs clairs, sans jamais compromettre la souveraineté nationale.
Suivi rigoureux : Au-delà de la signature solennelle, c’est la mise en place de mécanismes de suivi technique et politique qui déterminera si Kampala est un allié sincère ou un partenaire de circonstance.
En somme la main tendue de Kinshasa est une preuve de leadership régional. Toutefois, cette ouverture ne doit en aucun cas être synonyme d’une confiance aveugle. Comme le veut la doctrine stratégique, la paix se construit avec ses voisins, mais elle se sécurise par une vigilance de chaque instant.
