Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a réitéré l’engagement du Gouvernement en faveur d’une société civile forte et légalement reconnue, à l’occasion d’une audience accordée à Néné Bintu Iragi, présidente de la Société civile du Sud-Kivu et coordonnatrice du Collectif Simama Congo. Cette rencontre a été marquée par la remise officielle de la personnalité juridique de cette organisation, une étape décisive qui lui ouvre désormais la possibilité d’exercer ses activités sur l’ensemble du territoire national.
Au cours des échanges, le ministre d’État a salué le travail de proximité accompli par le Collectif Simama Congo auprès des populations confrontées aux conséquences des conflits armés dans l’est de la République démocratique du Congo. Il a souligné que les organisations de la société civile jouent un rôle déterminant dans la défense des droits fondamentaux, l’accompagnement des victimes, la consolidation de la paix et le renforcement de l’État de droit.
Guillaume Ngefa a encouragé les responsables de cette organisation à poursuivre leurs initiatives en faveur de la protection des droits humains et à maintenir leur engagement dans la sensibilisation des communautés sur les valeurs de justice, de cohésion sociale et de respect de la loi. Pour le ministre, les efforts des acteurs de la société civile constituent un complément indispensable à l’action des institutions publiques dans les provinces affectées par l’insécurité.
La cérémonie de remise de la personnalité juridique du Collectif Simama Congo a constitué le moment fort de cette audience. Ce document officiel confère désormais à l’organisation une existence légale reconnue par l’État, lui permettant de mener ses activités avec un cadre juridique sécurisé, de développer des partenariats institutionnels et de renforcer son intervention auprès des populations vulnérables.
Les discussions ont également porté sur la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le territoire d’Uvira, où les communautés continuent de subir les effets des violences armées. Les deux parties ont évoqué les défis auxquels sont confrontées les organisations locales qui œuvrent dans l’assistance aux victimes, notamment les contraintes administratives liées à l’obtention de la personnalité juridique et les difficultés d’accès aux zones touchées par les conflits.
À cette occasion, Néné Bintu Iragi a présenté les préoccupations de la société civile du Sud-Kivu concernant la protection des droits humains dans cette partie du pays. Elle a expliqué que son déplacement à Kinshasa visait à attirer l’attention des autorités nationales sur les réalités vécues par les populations de l’Est tout en assurant le suivi des démarches administratives engagées depuis plusieurs années pour obtenir la reconnaissance officielle de son organisation.
La responsable du Collectif Simama Congo a salué les réformes engagées par l’actuelle administration du ministère de la Justice en matière de traitement des dossiers relatifs à la personnalité juridique des associations. Elle a toutefois plaidé pour une simplification des procédures administratives afin de permettre aux organisations de la société civile, particulièrement celles actives dans les zones en conflit, d’accéder plus rapidement à cette reconnaissance indispensable à leur fonctionnement.
Au-delà des questions administratives, elle a insisté sur la nécessité de faire de la justice un pilier des initiatives de paix et de réconciliation en République démocratique du Congo. Selon elle, la lutte contre l’impunité demeure un facteur essentiel pour restaurer la confiance des populations et favoriser une paix durable dans les provinces de l’Est.
Néné Bintu Iragi a également réaffirmé son soutien à l’initiative du Gouvernement congolais visant à saisir la Cour internationale de Justice afin d’obtenir réparation pour les crimes commis sur le territoire congolais. Elle a estimé que cette démarche constitue un signal fort en faveur de la recherche de la vérité, de la justice et de la responsabilité internationale.
Très émue au moment de recevoir la personnalité juridique du Collectif Simama Congo, la militante des droits humains a exprimé sa gratitude envers les autorités du ministère de la Justice. Elle a rappelé que les démarches pour obtenir cette reconnaissance avaient été engagées dès 2020 et que leur aboutissement représente une victoire importante pour son organisation ainsi que pour les communautés qu’elle accompagne.
Cette audience illustre la volonté du ministère de la Justice de renforcer le dialogue avec les acteurs de la société civile et de soutenir les initiatives qui contribuent à la promotion des droits humains, à la consolidation de l’État de droit et à la recherche de solutions durables aux défis sécuritaires et humanitaires auxquels reste confrontée la République démocratique du Congo, en particulier dans sa partie orientale.
Corinne Ontande
