🎤 “Debaba Mbaki : la voix qui a choisi Dieu”
Confidences rares de Didier Yamba Yamba pour Le Quotidien — entre mémoire, foi et héritage
Il y a des artistes qui marquent une époque. Et d’autres qui la quittent au sommet… pour répondre à un appel plus grand.
Debaba Mbaki, figure marquante de la rumba congolaise passée par Viva La Musica et Choc Stars, appartient à cette catégorie à part.
À travers le regard sensible et habité de Didier Yamba Yamba co fondateur de l’orchestre « Les Pélerins du Zaîre » et auteur de l’album « j’ai rencontré Le rocher » , se dessine le portrait d’un homme, d’une voix… et d’un tournant qui a bouleversé toute une génération.
🎶 “Il venait de loin… comme nous tous”
F.Caleb Djamany :
Didier, tu as connu beaucoup d’artistes. Parmi eux, Debaba Mbaki. Quand tu regardes sa carrière aujourd’hui… qu’est-ce qui te revient en premier ?
Didier Yamba Yamba :
(sourire léger)
Beaucoup de choses… et en même temps, quelque chose de très simple : il venait de loin.
Comme nous tous à cette époque.
Avant d’être Debaba que le public connaît, il était ce jeune qui chantait dans les groupes de quartier. Il a grandi là , dans cette école-là .
Moi, je l’ai découvert au début des années 80 chez Papa Wemba, dans Viva La Musica.
C’était déjà une référence.
Ensuite, il passe par Victoria Eleison avec King Kester Emeneya… et puis il y a Choc Stars.
Et là … (il marque une pause)
LĂ , on entre dans autre chose.
Avec Defao et Carlyto Lassa, ils formaient un trio…
Franchement, c’était mythique.
🔥 “Sa voix a formĂ© des gĂ©nĂ©rations”
F.Caleb Djamany :
On parle souvent de son style. Mais concrètement, quel impact a-t-il eu sur la musique ?
Didier Yamba Yamba :
Énorme.
Surtout pour ceux qui avaient des voix aiguës.
À l’époque, beaucoup apprenaient à chanter en écoutant soit Debaba… soit Carlyto.
C’était presque une école.
Aujourd’hui, les choses ont évolué, bien sûr. Mais il faut être honnête :
il a inspiré toute une génération.
Et lui-même était dans une continuité…
Il s’inspirait de Papa Wemba, qui était un peu comme son mentor.
C’est comme une chaîne. Une transmission.
✝️ “Ce jour-là … tout a basculé”
F.Caleb Djamany :
Il y a ce moment clé : sa conversion. Tu l’as vécu de près ?
Didier Yamba Yamba :
Oui. Et je peux te dire que ce n’était pas anodin.
Il m’en a parlé lui-même, en 1997, pendant une tournée au Katanga organisée par le CESON (Centre d’évangelisation sonore) du frère Aimé Kalenga (devenu Apotre) l’un de nos producteurs visionnaire.
Tout commence en 1995.
C’est son épouse maman Toutou qui l’emmène à l’église, à Bandal…
Une église ACEM.
Et un dimanche… il y a la Sainte Cène.
(Il baisse légèrement la voix)
Il se met dans la file pour communier.
Mais certains anciens ne veulent pas.
Ils disent non.
Et là … le pasteur Ngoy intervient.
Il dit : “Laissez-le venir.”
Ce geste…
C’était décisif.
Après ça, on lui donne le micro.
Et il chante.
Il improvise :
“Nzambe, nga naye…”
C’était sincère. Brut.
Un moment… qu’on ne fabrique pas.
🎵 “Musamaliya n’est pas un album… c’est un tĂ©moignage”
F.Caleb Djamany :
Et après ce moment, tout change ?
Didier Yamba Yamba :
Tout.
Il sort Musamaliya en 1996.
Mais ce n’est pas juste un album… c’est un témoignage.
Inspiré de la femme samaritaine.
Inspiré de ce qu’il vivait intérieurement.
Mais le plus marquant… c’est ce qu’il m’a raconté ensuite.
Il préparait un projet avec Rapha Bounzeki.
Tout était prêt.
Et à chaque fois qu’il essayait d’écouter ou de travailler dessus…
il avait envie de vomir.
Ă€ chaque fois.
Dès qu’il arrêtait… ça passait.
Après plusieurs tentatives, il a compris.
Pour lui, c’était clair : Dieu ne le voulait plus dans le profane.
Et pourtant… il était au sommet.
🌟 “Marie Misamu ? Une rencontre dĂ©cisive”
F.Caleb Djamany :
On parle souvent de son lien avec Marie Misamu…
Didier Yamba Yamba :
Oui, et c’est important de remettre les choses dans l’ordre.
Avant Nazhiréa, il y a Musamaliya.
Et dans cet album, Marie Misamu est dans les chœurs.
Son passage est court… mais marquant.
Quelqu’un a entendu.
Quelqu’un a demandé : “C’est qui cette fille ?”
Et c’est comme ça que tout a commencé pour elle.
Plus tard, sur Nazhiréa, on verra cette phrase :
“Who’s that girl?”
Mais la réponse…
Elle était déjà là .
🕊️ “Le 24 avril… une simple coĂŻncidence?”
F.Caleb Djamany :
Debaba Mbaki et Papa Wemba… tous deux un 24 avril. Ça te parle ?
Didier Yamba Yamba :
HonnĂŞtement ? Non.
Je ne le savais pas.
Pour moi, c’est une coïncidence.
Dieu reste le maître du temps.
Mais je comprends que les gens y voient un symbole.
🎼 “Je continue… parce que la musique continue”
F.Caleb Djamany :
Et toi aujourd’hui ? Quels sont tes projets ?
Didier Yamba Yamba :
Je continue simplement ce que je suis.
Arrangeur, compositeur, coach vocal…
J’accompagne des artistes, des chorales.
Surtout dans le gospel.
Et il y a un projet qui me tient à cœur :
reprendre les œuvres de mon mentor Édo Bumba Meli.
C’est une manière de transmettre.
De ne pas laisser ces trésors disparaître.
F Caleb Djamany ;
Donne-nous des news des « Pélérins du Zaire » où etes vous basé actuellement ?
Didier Yamba Yamba ;
Les co fondateurs nous allons bien Dieu nous fait grace et dispersé ici et là ne sommes-nous pas les pélerins ?(rires) ;le Président Coco Kambala est en Angleterre , Boss Bangila en Afrique du Sud , (Pasteur) Jacques Kambala et (apotre )Aimé Kalenga en RDC moi en France
F.Caleb Djamany
Envisagez-vous bientôt remonter sur scène ou gratifier le public d’un album ?
Didier Yamba Yamba ;
(Souriant et pensif) Why not ?
✨ “Il n’a pas seulement chanté… il a choisi”
Il y a, dans la voix de Didier Yamba Yamba, quelque chose qui dépasse le souvenir.
Une forme de respect silencieux.
Debaba Mbaki n’a pas seulement marqué la rumba congolaise.
Il a posé un acte rare : partir au sommet.
Changer de cap.
Changer de public.
Changer de mission.
Et peut-être que, finalement…
c’est ça, sa plus grande œuvre.
Et toi partage nous ;
Quel est le titre de Debaba que tu écoutes encore et que tu fais écouter ?
Quelle époque de la carrière de Debaba est ce que tu apprécies le plus ?
As-tu connu les pélerins du Zaire si oui à quelle époque ?
Quels chants des pélerins t’ont marqué ?
Réponds-moi en commentaires à soleil.levantasbl@gmail.com
Prochain Invité ; Riva Kalimazi alias « Mongali »
Propos recueillis par FĂ©lix Caleb DjamanyÂ
- #CalebAfroPulse
