51ème Etat virtuel des USA, le Congo ramené cette fois-ci à « Berlin 1885 » par ses propres enfants !
La dernière chronique se termine par ce paragraphe, parlant de Félix Tshisekedi : «Reste à savoir s’il a convaincu les Américains du contraire, entendez : laisser le Congo intact. Ce qui serait trop beau pour être vrai, maintenant qu’ils prennent leur revanche sur…Berlin 1885, revanche annoncée à Dakar 1990 dans la foulée de la Perestroïka ! »
Washington avait annoncé son « tour de coloniser l’Afrique »
Berlin 1885 rappelle la Conférence internationale au cours de laquelle les puissances d’alors avaient formalisé le découpage de l’Afrique. Il s’agit de l’Allemagne, de l’Autriche-Hongrie, de la Belgique, du Danemark, de l’Empire ottoman, de l’Espagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de la Russie et de la Suède-Norvège.
Premières assises internationales auxquelles les États-Unis avaient pris part depuis leur création en juillet 1776, cette conférence s’était singularisée par deux actes : n’ayant pris aucun bout de terre sur les 30,37 millions km2 de superficie du continent, Washington s’était abstenu de signer l’Accord général sur le Bassin du Congo laissé ouvert au commerce mondial.
Perestroïka rappelle la fin de la Guerre froide en 1989. Initiée par Gorbatchev, cette dynamique avait entraîné la « balkanisation » de l’Urss et une symbolique forte : l’écroulement du Mur de Berlin.
Dakar rappelle la position claire et nette exprimée par les États-Unis dans la foulée de la fin des régimes à Parti-Etat en Afrique et l’avènement des régimes démocratiques. Dans son ouvrage «AINSI SONNE LE GLAS ! LES DERNIERS JOURS DU MARÉCHAL MOBUTU», Honoré Ngbanda rapporte que c’est à partir de Dakar – symbole de l’empire français en Afrique – que Washington avait annoncé son tour de « coloniser l’Afrique », l’ère de l’Europe étant révolue !
Rdc : Intérêt stratégique privé de quoi se développer et se défendre !
Les premières alertes du passage de la parole à l’acte avaient été la séparation de l’Érythrée de l’Éthiopie et du Soudan du Sud du Soudan, provinces devenues des États souverains.
S’agissant de la RDC, apparemment troisième sur la liste, la première alerte est venue via un document ayant tout d’un tract mais avec un titre accrocheur « ZAIRE NO ETAT » et un contenu révélateur et alarmant : le démembrement du pays sous prétexte d’être trop grand pour être bien gouverné. Peter Pham va le répéter 16 ans plus tard en 2012. Car là, on est en 1996, peu avant la guerre de l’Afdl en octobre. Y est proposé le rattachement des provinces de l’Est du Zaïre à des pays voisins orientaux : Ouganda, Rwanda, Burundi et Tanzanie.
À dire vrai, on n’avait pas bien saisi la dimension réelle du génocide rwandais survenu en 1994. La guerre venue de l’Est en 1996 et rentrée à l’Est en 1998 s’y est confortablement installée avec pour terrain de prédilection le Kivu et l’Ituri frontaliers de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la Tanzanie.
La deuxième alerte nous est venue le 5 novembre 1997 lorsque, s’adressant au Congrès américain, l’ambassadeur Bill Richardson présenta la RDC en intérêt stratégique de son pays en Afrique avec, toutefois, cette « insolite » de le mettre «en jachères», c’est-à-dire de le priver de tout moyen de se développer et de tout moyen de se défendre de ses agresseurs, tous de l’Est.
Fait du hasard ou non, les évidences sont là depuis Laurent-Désiré Kabila :
-la guerre du Rcd en 1998 va commencer peu de temps après le lancement du Franc congolais ;
-la guerre du Cndp en 2008 au lendemain du lancement du programme sino-congolais ;
-la guerre du M23 en 2012 après le lancement de la Révolution de la Modernité ;
-la guerre du M23 en 2022 au moment où la RDC commence à recueillir le fruit de l’application du Code minier promulgué en 2018.
Y a-t-il une possibilité de rétractation ? Oui et non !
Paradoxalement, il n’y a que des Congolais trempés dans l’égocentrisme à ne pas se rendre compte qu’en jouant à l’exclusion de leurs compatriotes sous diverses raisons, ils nourrissent en réalité la conflictualité ayant autrefois caractérisé la cohabitation Mobutu Sese Seko-Etienne Tshisekedi entre 1990 et 1997 au point de tuer le tissu économique et social national, jusqu’à clochardiser les Faz.
C’est justement ce qui est en train de se reproduire pour les Fardc, victime du même type de cohabitation, cette fois-ci avec Félix Tshisekedi à la place de Mobutu et l’ombre de Joseph Kabila à la place d’Etienne Tshisekedi.
Résultat : le Rwanda de Paul Kagame est en train de réussir son mandat si ce n’est pas déjà fait : ramener la vache Congo dans les ranchs Yankees !
La particularité cette fois-ci est la suivante : si en 1885 l’EIC avait été engagé par Léopold II sans les Congolais, si en 1945 le Congo-Belge avait été gagé partiellement par la Belgique dans le cadre du Plan Marshall toujours sans les Congolais, maintenant ce sont des Congolais eux-mêmes qui offrent leur pays aux États-Unis avec une dot fabuleuse.
Dot, disons-nous ?
Il est intéressant de rappeler que le potentiel minier exploité depuis l’époque coloniale à ce jour, selon le ministre des Mines Louis Watum, est de moins de 10 %. Ainsi, plus de 90 % constituent la dot de la RDC au mariage avec les Etats-Unis. Un vrai contrat du siècle !
Y a-t-il une possibilité de rétractation ? Oui et NON !
OUI parce qu’au point IV relatif au CADRE D’INTEGRATION ÉCONOMIQUE RÉGIONAL (CIER), précisément à ENTRÉE EN VIGUEUR, il est écrit : «Les dispositions du présent Cadre prennent effet à compter de la bonne exécution du Concept d’opérations (CONOPS) (…) de l’Ordre d’opération (OROP)…». Est ajoutée : «La bonne exécution du CONOPS et de l’OROP sera déterminée par le Comité de surveillance conjointe». Il suffit d’empêcher l’application de l’un et de l’autre. Mais comment s’y prendre ?
NON malheureusement parce qu’à l’alinéa 3, il est écrit : «Les Participants s’abstiendront de prendre part à toute communication publique ou autre initiative contraire aux dispositions de la présente section IV».
Ainsi, les protagonistes sont formellement interdits d’en parler.
Impossible alors d’en sortir ? Si, c’est possible !
Cette voie de sortie, «BALISES» l’a suscitée dans sa livraison du 29 avril 2025 sous le titre pour le moins provocateur : «RDC virtuellement 51ème État des USA, 11ème province de la Belgique et 6ème du Rwanda ?». Voici succinctement ce que nous en disions : «Le Processus de Washington en cours s’inscrit dans ce contexte, à cette nuance près qu’il impose la cogestion non pas des ressources naturelles et de la RDC et du Rwanda, mais seulement celles de la RDC ; le Rwanda n’ayant rien à mettre dans l’escarcelle commune en dehors de son soft power (carnet d’adresses)…».
Nous nous demandions : «En vertu de quelle logique alors l’exploitation de ses ressources avec le concours des partenaires économiques de n’importe quel pays du monde doit-elle requérir absolument la participation d’un pays voisin, précisément et impérativement le Rwanda, quand il s’agit des Grands Lacs et des États-Unis ? ! Pendant qu’on y est, pourquoi pas l’Ouganda ou le Burundi, pourquoi pas la Tanzanie ou la Zambie ? La vérité à (nous) sauter aux yeux est celle d’un Congo (Kinshasa) qui n’est qu’une ‘illusion’».
Et de faire noter que «Pendant ce temps, les Congolais s’insultent copieusement, se menacent vertement, se mentent ouvertement, s’excluent ostensiblement, s’entretuent sauvagement, oubliant que dans l’entendement de l’axe Washington-Bruxelles-Kigali, leur pays passe virtuellement pour le 51ème État des USA, la 11ème province de la Belgique, la 6ème province du Rwanda».
Nous suggérions un débat de clarification en prévision de la célébration du 65ème anniversaire de l’Indépendance le 30 juin 2025.
Et voilà que le débat esquivé vient de nous rattraper en ce mois de décembre.
Pendant que nous continuons de vociférer contre Paul Kagame autour d’Uvira au point de nous réjouir des menaces brandies par les USA sur leur poulain et ses «pantins» – confirmant nos faiblesses au plan militaire et diplomatique – nous semblons ne pas savoir que nous avons devancé le Canada et le Groenland en ce, par ses faits et gestes, la RDC, depuis le 4 décembre 2025, est à la fois potentiellement et virtuellement le 51ème Etat américain.
Pour rappel, Donald Trump est dans la logique d’annexer ces deux pays occidentaux.
En conclusion, à défaut d’avoir été balkanisé au cours de ces 65 dernières années, le Congo signe son acte de mise sous tutelle américaine avec, en soutien, les applaudissements frénétiques de ses propres enfants !
Omer Nsongo die Lema
