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Tribune politique : Mon opinion (Commission politique des LÉGALISTES) 

Tribune politique : Mon opinion (Commission politique des LÉGALISTES) 

La récente résolution (2808 -2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies relative à la situation sécuritaire en République Démocratique du Congo marque une étape diplomatique importante. Elle reconnaît la gravité de l’agression dont notre pays est victime, réaffirme le principe intangible de la souveraineté nationale et ouvre la voie à un mandat plus robuste et plus offensif contre les groupes armés et toute force soutenant l’occupation de nos territoires.

Cette résolution, si elle est pleinement assumée par l’État congolais, représente une opportunité stratégique et historique. Elle clarifie la position de la communauté internationale : l’intégrité territoriale de la RDC n’est pas négociable, les exactions contre les populations civiles sont condamnées, et la pression s’accentue sur les acteurs qui alimentent l’instabilité dans l’Est. Cela crée une base légale internationale renforcée pour soutenir la récupération des territoires occupés et consolider la souveraineté nationale.

Mais la résolution ne remplacera jamais la volonté politique

C’est ici que surgit la faiblesse congolaise : l’attitude hésitante, parfois incohérente et souvent défensive du gouvernement de Kinshasa. Trop de communication plaintive, trop de diplomatie d’indignation, trop peu de doctrine claire, assumée, structurée et opérationnelle.

Le pays a besoin : d’un leadership stratégique, d’une capacité d’anticipation, d’une diplomatie proactive, d’une armée disciplinée, modernisée et respectée, d’une vision cohérente de la sécurité nationale.

Une nouvelle doctrine dissuasive est indispensable

Face à une agression hybride, à des forces irrégulières soutenues par des armées régulières étrangères, la RDC doit adopter une doctrine : asymétrique et intelligente, adaptée au terrain congolais ; dissuasive, non pas seulement par la force des mots, mais par la capacité réelle de riposte, de neutralisation et de contrôle des espaces ; offensive, dans le cadre du droit international, assumant la protection des civils et la reconquête des territoires ; stratégique, incluant sécurité, renseignement, alliances régionales crédibles, et industrialisation militaire progressive.

La RDC doit également renforcer l’intégration civilo-militaire, assainir la chaîne de commandement, lutter contre la corruption dans l’appareil sécuritaire, sécuriser ses ressources stratégiques et rompre définitivement avec la gestion improvisée des crises.

Un problème politique interne ne doit plus neutraliser l’État

Nous affirmons clairement : la fragilité politique interne affaiblit la crédibilité de la RDC sur la scène internationale. Les choix partisans, la promotion de l’incompétence et la marginalisation des cadres expérimentés ont produit une gouvernance faible, hésitante et peu stratégique.

Il est temps que les hauts-cadres légalistes de la première heure et des générations suivantes de l’UDPS, ceux qui ont porté la vision républicaine, l’exigence morale et la discipline doctrinale, soient réintégrés dans les processus décisionnels majeurs. Marginalisés par la kakistocratie et la médiocrité politicienne, ils demeurent pourtant porteurs d’une culture d’État, d’une éthique politique et d’une vision claire de l’intérêt général.

L’année qui commence devra être celle de la reconquête politique interne : la République ne peut survivre durablement si elle est confiée à l’improvisation, à l’amateurisme et à la gestion émotionnelle. L’UDPS doit retrouver sa dignité doctrinale, son sens de l’État et sa colonne vertébrale politique, sans quoi l’Histoire se chargera de la sanctionner.

Cette résolution n’est ni une baguette magique ni une simple déclaration diplomatique. Elle est une opportunité historique. Mais seule une RDC forte politiquement, disciplinée stratégiquement, cohérente militairement et lucide moralement pourra la transformer en victoire nationale.

Il ne s’agit plus de subir l’Histoire. Il s’agit désormais de la reprendre en main.

Commission politique des LÉGALISTES

Signé : TTMANU

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