Blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme: André Wameso sensibilise les banques commerciales et les établissements de monnaie électronique
Le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme sont des activités illicites et représentent, en outre, des menaces pour la stabilité économique et financière. La lutte contre ces pratiques constitue donc une priorité en matière de supervision des organismes financiers.

C’est dans ce sens que le Gouverneur André Wameso a reçu, le mercredi 17 décembre 2025, les Directeurs généraux et responsables de conformité des banques commerciales, ainsi que des établissements de monnaie électronique en vue de les sensibiliser sur les enjeux de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
La séance de travail a mis l’accent sur le processus de sortie de la RDC sur la liste grise du GAFI ; la nécessité de garantir une régularité et d’assurer une cohérence lors de la transmission des reportings requis en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme conformément à l’article 95 de l’Instruction n°15, Modification n°3 aux établissements de crédit et société financières portant sur les normes en la matière ; la cohérence des échéances fixées dans le cadre du plan de remédiation issue des recommandations des missions de contrôle sur place.
La rencontre a également été l’occasion de rappeler les lignes directrices concernant : l’identification des clients ; la vigilance et la surveillance constante des opérations de la clientèle ; les déclarations des opérations suspectes et la mise en œuvre des sanctions financières ciblées.
Soulignons que le blanchiment des capitaux consiste en la dissimulation de la provenance d’argent acquis de manière illégale et en son insertion dans des activités légales. Ces fonds issus d’activités délictuelles (on parle aussi d’« argent sale ») viennent par exemple du trafic de stupéfiants, du trafic d’armes, de la contrebande, de la traite des êtres humains, de la contrefaçon, de la fraude fiscale, de la corruption, de la cybercriminalité, du crime environnemental ou du travail dissimulé. Ils sont réinvestis par exemple dans le commerce, la construction immobilière ou les établissements de jeux d’argent. Le blanchiment représente des sommes importantes et a recours à des montages financiers complexes.
Tandis que le financement du terrorisme, quant à lui, consiste à fournir ou réunir, des fonds, des biens ou des services susceptibles d’être utilisés dans le but de faciliter ou de perpétrer des actes de terrorisme. Ces fonds peuvent être d’origine licite ou illicite, et sont « noircis », c’est-à-dire utilisés à des fins criminelles. Il y a ici une dissimulation de la destination des fonds, qui peuvent être de faibles montants, et ne font pas forcément l’objet de montages complexes.

La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) est une priorité en matière de supervision des organismes financiers. Cette lutte a été renforcée ces dernières années, notamment à la suite de différentes affaires médiatiques (Panama Papers, Pandora Papers, etc.) ayant révélé l’ampleur de l’évasion fiscale.
Ces activités illicites représentent une menace pour la stabilité de l’économie, puisqu’elles contribuent à soutenir ou à financer des activités illégales au détriment de la libre-concurrence, tout en détournant de l’État (via la corruption et la fraude fiscale) des ressources qui pourraient être utilement affectées à des infrastructures publiques comme les routes, les écoles, etc. De plus, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme peuvent avoir une répercussion sur la réputation de banques et de pays et ainsi impacter les investissements directs étrangers, par exemple. Ils représentent enfin une menace pour la stabilité financière puisqu’ils contribuent à l’apparition et au grossissement de bulles spéculatives, en particulier sur le marché des biens immobiliers.
