Rdc : Une histoire, une leçon de didactique politique [Tribune de Julien Paluku]

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L’histoire politique de la RDC nous enseigne que la démocratie se construit, au fil de temps, par la redevabilité.

1. Cette histoire du pays est un laboratoire où se jouent perpétuellement les tensions entre souveraineté nationale, gestion des ressources naturelles et construction de l’État;

2. De Léopold II au Président Tshisekedi, en passant par les Présidents Kasavubu, Mobutu, Mzee Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila, l’histoire de la RDC apparaît comme le miroir où l’Afrique et le monde observent la déshumanisation du politique au profit de l’économique;

3. L’héritage léopoldien : La RDC possède la particularité unique d’avoir été la propriété personnelle d’un souverain, le Roi Léopold II, avant de devenir le Congo Belge. Cette origine a laissé une EMPREINTE INDÉLÉBILE sur la structure politique et administrative du pays;

4. Le paradoxe du « scandale géologique » : La richesse du sous-sol est devenue la pauvreté des institutions au profit des individus. La convoitise extérieure alimente l’instabilité interne, transformant les crises locales en enjeux géopolitiques mondiaux;

5. Les cycles politiques sont marqués par une personnalisation outrancière du pouvoir, héritée du modèle léopoldien, où les individus demeurent plus forts que les institutions;

6. Analyse contemporaine : Analysons plus spécifiquement les régimes de Joseph Kabila Kabange (JKK) et de Félix-Antoine Tshisekedi (FATSHI), car pour une grande partie de la population actuelle, les époques précédentes relèvent du récit lointain;

7. Styles de leadership : En observant la nature du pouvoir, on s’aperçoit que JKK misait sur un silence interprété diversement. À l’inverse, FATSHI mise sur un volontarisme diplomatique, avec un style ouvert, communicatif et une présence active sur la scène médiatique internationale;

8. Diplomatie : Sur le plan de la politique étrangère, le règne de JKK a été marqué par un certain isolement du pays, tandis que FATSHI a orchestré le retour de la RDC dans le concert des nations;

9. Politiques économiques et sociales : JKK a initié les « 5 Chantiers » et la « Révolution de la modernité » pour poser les jalons des infrastructures. FATSHI, quant à lui, a priorisé le social et l’éducation avec la gratuité de l’enseignement primaire, ramenant plus de 6 millions d’enfants à l’école, avant de lancer les infrastructures et le Programme de Développement Local des 145 Territoires;

10. Défis sécuritaires : Les guerres successives ont favorisé l’infiltration, l’affaiblissement de l’armée et une gestion de commandement basée sur des quotas communautaires.

Sous JKK, l’armée a décliné sous le poids des revendications identitaires, chaque tribu réclamant « ses » Généraux en regardant en face la tribu dominante au sein de l’armée.

Sous FATSHI, le mal est profond : la trahison et les pièges au sein de l’appareil sécuritaire atteignent un sommet, aggravés par un manque d’identification rigoureuse des troupes et une immixtion de civils dans la conduite des actions militaires;

11. Leçon pour 2026 et l’avenir : L’histoire nous invite à repenser la gouvernance en commençant par le pilier sécuritaire. C’est le chantier prioritaire pour un pays comme la RDC ; tout autre programme n’est que la conséquence logique d’un État stable;

12. Cette réflexion se veut transversale car elle touche tout le monde. L’approche comparative est source d’inspiration.

La RDC nous enseigne que la citoyenneté ne se limite pas au vote: elle exige une éducation politique et une conscience civique.

Un État ne se construit pas seulement sur ses richesses naturelles (sinon la RDC serait la première puissance mondiale) mais aussi sur des institutions fortes, une armée et des services de sécurité rajeunis, équipés et modernisés, une justice juste, une lutte acharnée contre la CORRUPTION et le rétablissement de la sanction pour protéger le bien commun.

 

Bon dimanche et meilleurs vœux

de Noël & du Nouvel an.

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